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CHAPITRE XXII

THÉORIE DE LA DIPLOGÉXÈSE DE GOPE 1

Après avoir discuté la théorie du plasma germinatif, je vais exposer quelques théories récentes de l'hérédité, théories qu'il serait impossible de comprendre sans connaître celle du plasma germinatif. Je vais d'abord dire quelques mots de la théorie de la diplogénèse due au paléontologiste américain Gope, mort cette année, le plus autorisé des néo-lamarckiens.

Quoique Weissmann ait démontré que l'isolement et la stabilité sont plus grands pour le plasma germinatif que pour les autres tissus, il n'a pas pour cela démontré que ce plasma germinatif est absolument inaccessible aux influences extérieures. Il admet que sa continuelle subdivision, lors du développement embryonnaire auquel il donne naissance, l'aurait bientôt réduit à une quantité infiniment petite, n'était qu'il s'accroit par assimilation de matière alimentaire comme les autres, matière alimentaire qui lui est fournie par le soma. Ld. possibilité d'une influence des excitations extérieures sur le plasma germinatif est donc hors de doute.

Voici maintenant le point de départ de la théorie de la

1. E.-D. CoPE, The primary faclom of organic evolulion, Chicago, 1896. Le Dantec. — Évolution individuelle. 16

242 FAITS ET THÉORIES AYANT RAPPORT A l'uÉRÉDITÉ

diplogénèse : « L'effet de lu spécialisation des tissus sur leur nutrition et leur réparation après blessure ou cicatrisation est fort bien connu. La nutrition de chaque tissu produit seulement ce même tissu i. La réparation ou cicatrisation des parties est restreinte à la reproduction d'un tissu semblable à la partie perdue ou semblable à quelque stage embryonnaire de cette partie. Plus nous descendons dans l'échelle des êtres vivants, plus nous trouvons complète la reproduction d'une partie perdue. La spécialisation des organismes les plus élevés prive les tissus de la capacité de reproduction exacte-. Comme exemple de réduction de cette capacité, je cite la reproduction de la queue des lézards dans laquelle n'apparaissent pas de vertèbres, mais seulement une notocliorde, tandis que le système écailleux qui recouvre la nouvelle queue présente également une simplicité plus grande que celle de la queue normale^. La possibilité de reproduire l'organisme entier est réservée, dans les métazoaires, au plasma germinatif, qui peut en conséquence être regardé comme conservant les caractères du protozoon ancêtre se produisant lui-même par division. Mais chez les métaphytes ou plantes pluricellulaires, le pouvoir de reproduction de l'organisme entier par l'une quelconque de ses parties est conservé à un bien plus grand degré que chez les métazoaires. La reproduction des plantes par boutures, bourgeons, tubercules, et même par de simples feuilles est bien connue, caractère qui est dû à la distribution générale de protoplasma non spécialisé dans tout l'organisme ^. On sait que dans ces cas l'hérédité

1. Voyez plus haut (ch. ix) les considérations sur le rôle de la sélection naturelle dans le développement individuel des métazoaires et dans l'établissement de l'assimilation fonctionnelle.

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