‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 115 sur 342 · STÉRIILITÉ DES DERNIERS EFFORTS DES PAPES · texte numérisé non relu

STÉRIILITÉ DES DERNIERS EFFORTS DES PAPES

hommes furent ainsi fauchés, le reste tomba entre les mains des infidèles, qui exigèrent la restitution de Damiette et une rançon de huit mille besants d'or. Saint Louis, avec six mille hommes, se rendit en Terre Sainte où il resta quatre ans. Mais la mort de sa mère la reine Blanche, le fit rentrer en France en 1254, Cependant, seize ans après, saint Louis, poussé par un nouvel élan de piété, entreprit une nouvelle croisade, en 1270. Il s’embarqua à Aygues-Mortes, non pour la Terre Sainte, mais pour le royaume de Tunis ; car son frère, Chärles d'Anjou, alors roi de Naples, l'avait persuadé que dans son territoire, il pourrait vaincre plus facilement les musulmans. | Néanmoins, lorsqu'il arriva devant les murs de Tunis, il se trouva de nouveau aux prises avec la peste et la famine qui réduisirent à néant tous ses projets de conquête. Atteint lui-même du terrible fléau saint Louis mourut avec la résignation d’un bon chrétien. Après cette dernière expédition, les colonies chrétiennes qui

avaient été établies en Orient par les croisés ne tar-

dèrert pas à être détruites, et la Palestine retomba tout entière sous le joug des Musulmans.

Si l'on juge les croisades avec un esprit impartial, d’après leur résultat matériel et notamment d'après l'influence qu’elles ont exercée sur l’évolution religieuse et intellectuelle en Europe, on est forcé de reconnaître que loin de favoriser la marche progressive du

ÿ PA

te CONSÉQUENCES FACIEUSES (DES CROISADES

AT

ES

sentiment et de Ja raison humaine, elles 2 constitué une entrave à tout progrès moral, intellectuel et maté-. riel. | = Ra Lo Deux siècles de fanatisme religieux ont coté a l'Occident et à l'Orient des millions de vies humaines, ont semé parmi les peuples en guerre, la haine, l'intolérance et la misère et ont tari en même temps toutes les sources de production nationale, par le manque de : bras pour travailler la terre et par le manque de cer u veaux pour cultiver les sciences, les arts, le commerce : | et l’industrie ; sa .

9% Les croisés, à la suite de ur Con cE intime avec les peuples de l'Orient, ont rapporté en Europe les germes de la lèpre, maladie qui était endémique dans : plusieurs pays d'Orient. Celle-ci fit, au début du. xine siècle, pour la première fois, son apparition € en Europe sous la forme épidémique et constitua alors la * . maladie la plus horrible qu'ait enregistrée. l'histoire, par les souffrances qu elle occasionnait et son haut degré de contagion. En envahissant la France, en 1225,

elle se propagea avec une telle fureur que 2000 pe .

eries ne suffirent pas à contenir les malades et on dut

- créer des hôpitaux spéciaux à cet effet. Au début 4 ailleurs, ces établissements, au lieu de restreindre les progrès du mal, ne firent qu ‘aider à sa propagation, tant par leurs vices de construction que par leur mauvaise administration intérieure et les soins défectueux donnés par les médecins.

Bien qu'il soit prouvé par des documents historiques que la lèpre était déjà connue dans l'antiquité comme maladie épidémique en Egypte et en Asie Mineure et -qu’elle aurait déjà été importée dès les premiers siècles de l’ère chrétienne en Italie eten Espagne, il est incon- testable que son apparition en Europe sous la forme épidémique avec une grande force expansive date de la fin du xr1° siècle, époque des premières croisades. Cette. apparition ayant coïneidé avec une recrudescence de cette maladie dans tous les pays d'Orient. On conçoit d’ailleurs aisément que le contact intime entre les croisés exténués par les privations et les fatigues et les nombreux indigènes atteints de la lèpre ait grandement facilité la propagation du fléau alors que les germes morbides étaient devenus plus virulents du fait des grandes agglomérations humaines résultant des croisades. Ainsi donc, les croisés à leur retour en Europe, -semèrent partout sur leur passage les germes de la Se lèpre, créant en même temps des foyers d'irradiation “qui, à leur tour, propagèrent la maladie à un degré tel querares furent les pays d’ Europe quin'en furent pas i atteints.

__ Les contrées où dll. régna le plus longtemps furent ; ll. du midi de l’Europe et notamment l'Italie et SN Espagne, où elle existait encore à l’état épidémique dans le courant du xvi° siècle. D'ailleurs elle existe | “encore aujourd’ hui à l’état endémique et sporadique re dans un certain nombre de pays du nord et du midi de

LS

Page 1