L'Homme Primitif, par Louis Figuier. Paris, 1870, P
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faisait alors l’ensevelissement des morts. Dans l’âge de la pierre polie, les morts étaient placés dans les dolmens ou tumuli., A la fin de l’époque de bronze et au commencement de celle de fer, on commença à brûler les corps. En effet, dans les tombes de Hallstadt on
- voit environ une moitié de cadavres brülés et dont les cendres se conservaient dans de petits vases de terre
et dans l’autre moitié les squelettes étaient couchés et partiellement brûlés et les cendres de la tête ou du buste reposaient à côté de la portion intacte du squelette. » | eee
Les faits que nous venons d’exposer nous permettent de formuler les conclusions suivantes : =
19 Que l'existence de l’homme en Europe date de la
NE
période appelée quaternaire;
20 Qu’à ses débuts l'homme vivait à l'état sauvage
au milieu des animaux des forêts, tels que l'ours des
cavernes, le mammouth et le rhinocéros ; | 3° Que l’homme, comme fils de la planète qu’il habite,
a subi, dans toutes les périodes de son évolution, Pin-
fluence des transformations et révolutions géologiques et climatériques de la région qu’il a choisie pour champ de lutte.
4° Que dans les premières époques, l’homme se trou-
vait en lutte constante avec les animaux sauvages qui
peuplaient les forêts; mais tout sauvage qu'il était, éprouva quoique confusément le sentiment de la supériorité de sa position dans la nature, car il apprit
graduellement non seulement à développer sa force
matérielle, mais encore à inventer des instruments appropriés à sa défense et des outils nécessaires aux
plus pressants bésoins de l'existence tels que la hache
de pierre, le coin, l'arc et la pirogue. Il en résulta, comme dit Littré « qu’à l’aide de ces premiers outils,
croît à son tour la force intellectuelle et un échange
incessant s’établit de l’un à l’autre, le savoir donne des outils et les outils donnent le savoir » (1).
5° Que l’homme, comme être animal, même à la période de l’âge de la pierre taillée, au fur et à mesure qu'il
acquérait la conscience de sa supériorité sur les animaux
géants, a élargi la sphère de son activité; de même, il
a senti de plus en plus le besoin de vivre en société et
de satisfaire les besoins matériels qui grandissaient, qui changeaïent et qui se modifiaient avec chaque progrès intellectuel. Néanmoins, bien qu'il ait déjà connu l'usage du feu et appris à se servir des haches et des
couteaux pour couper les arbres, façonner les bois et
fouiller la terre, et à se servir de la chair des animaux pour se nourrir et de leur peau pour se vêtir, il n’a pas
cessé d’être troglodyte, et même les progrès réalisés
dans le domaine de la vie sociale et économique se pour-
1. Littré, la Science au point de vue philosophique. Paris, 1873, p. 179.
suivirent si lentement que l’âge de la pierre taillée ne
dura pas moins de 4. 700 ans. Ce n’est qu'après l’émigration des puissants animaux du centre de l'Europe
vers les régions boréales à la suite d’un changement
des conditions climatériques et d’un adoucissement des circonstances telluro-atmosphériques en Europe que l'intelligence humaine s’est illuminée de plus en plus et a commencé à réaliser de nouveaux progrès indus-imels.
6° Que dans l’âge de la pierre taillée, bien que les progrès intellectuels de l’homme aient été extrémement lents, ils furent assez sensibles pour lui permettre d’inventer des armes et des instruments qui le mettaient à l'abri des animaux sauvages et lui procuraient les moyens de satisfaire aux besoins matériels de la vie.
7° Que les progrès intellectuels ont commencé à devenir plus rapides et plus sérieux pendant l’âge de la pierre polie, lorsque l’homme eut abandonné la vie de chasseur pour s’adonner à l’agriculture et à la pêche,
en même temps qu’il élargissait sa sphère d’ activité en
dirigeant ses efforts vers l'exploitation des mines et l'élaboration des métaux, la formation d'établissements industriels et commerciaux, la domestication des animaux et leur utilisation pour les courses et les communications avec les tribus voisines. | | 8 Que la rapidité et la continuité des progrès intellectuels pendant l’âge de la pierre polie étaient dus à un changement radical des conditions climatologiques
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survenu au centre de l’Europe à la suite d’un bouleversement subit de l'harmonie du système planétaire dont la terre fait partie intégrante. C’est grâce à l’adoucissement du climat qui a déterminé l'immigration des peuples des îles de la Méditerranée, beaucoup plus avancés en culture intellectuelle, qu'ont été importées les nouvelles connaissances techniques relatives à l’ex- ploitation du sol et à l’usage des métaux.
90 Que les progrès intellectuels réalisés pendant l’âge de la pierre polie, bien qu’ils aient été très importants,
ayant contribué sensiblement à l'amélioration des con-
ditions de la vie individuelle et collective, sont restés limités au domaine de la vie matérielle, n’ayant exercé aucune influence sur l’état moral de l’homme et sur l'amélioration du sentiment de la solidarité humaine. C’est l'instinct de sa conservation personnelle et le
désir de satisfaire les besoins corporels qui ont prévalu
dans toutes les branches de l’activité humaine. Quant au sentiment religieux, on ne connaît pas de faits relatifs au développement du sentiment humain pendant l’âge de la pierre polie, qui parlent en faveur de son existence. Au contraire, nous allons produire des faits documentés qui témoignent en faveur de la persistance de l'état sauvage même chez l’homme de l’époque de
l’âge historique. Nous commencerons par citer les faits
rapportés par Louis Figuier dans son travail sur l'Homme primitif (1).