ÉRASME ET VIVES
passa plusieurs mois avant de recouvrer sa santé. Mais il paraît que les commentaires sur l'ouvrage de saint Augustin causèrent à son auteur beaucoup d’ennuis.
Plusieurs congrégations l’attaquèrent très vivement prétendant que plusieurs de ses commentaires avaient été revus et corrigés par Erasme, Léquel était soupçonné d’avoir favorisé la Réforme de Luther, accusation d’autant plus étrange qu'Erasme avait joui de la faveur et de la protection de plusieurs papes, tels que Léon X, Adrien VI et Clément VII. Néanmoins, en 1520, apparut une brochure écrite par Lopez de Zuñiga, d'Extrémadure, pleine d’injures contre Erasme, l’accusant d’abord de parler mal des moines, de qualifier le pape de vicaire de Pierre et non du Christ, puis de censurer la pratique du jeûne, de nier que le mariage soit un sacrement, de condamner le célibat des prêtres, le culte des saints, la théologie scolastique ; mais il eut le tort de baser ses affirmations sur des phrases incomplètes copiées des livres d’Erasme. Il ne fut pas difficile à ce dernier de démontrer l’inanité des affirmations de Zuñiga. Cependant mais malgré la défense papale de critiquer la conduite d’Erasme, le nombre de ses adversaires grandissait de jour en jour, surtout en Espagne. :
Toutefois, si Erasme a eu des adversaires, il eut aussi de fervents admirateurs. Ce fut surtout Vives qui lui adressait des lettres touchantes, le consolant des attaques grossières de ses ennemis, D'autre part,
les ouvrages d'Erasme, les Colloques et l'Eloge de la Folie immortalisèrent son nom.
Cependant, Vives continuait à déployer une grande activité littéraire. Il publia en 1523 un autre livre inti-
tulé De institutione feminæ christianæ qu il dédia à la
reine Catherine d'Aragon, femme d’ Henry VIIT. Vives, fatigué d’une part des attaques dirigées contre lui par ses adversaires, persuadé d'autre part que le climat de Louvain n’était pas favorable à sa santé, abandonna les Flandres et se rendit en Angleterre où il fut très
bien reçu par le roi Henry VIII et la reine Catherine
de mème que par le chancelier, le cardinal Wolsey. Il fut nommé professeur au collège Corpus Christi d'Oxford, où il faisait plusieurs cours.
Pendant les premiers temps de son séjour en Angleterre, Vives écrivit un autre ouvrage intitulé De consultatione dédié à l'Ambassadeur d'Espagne auprès des
rois d'Angleterre. Pendant son séjour en Angleterre, -
Vives l'ut l'objet de grandes attentions de la part des monarques. On suppose même qu'il fut le secrétaire particulier de Catherine d'Aragon. Mais il paraît que les occupations du palais, absorbaient tout son temps, ce qui le rendait mécontent, lui qui AFP ne recherchait que la tranquillité. :
Toutefois, dans cette vie irrégulière, Vives trouva le temps de traduire du grec en latin les Discours d’Iso- crates, où celui-ci expose les règles qui doivent exis-
er dans les relations entre les chefs d'Etat et leurs