E0 COLOMB OBLIGÉ DE RETOURNER
laissa dans l’île quelques-uns des siens, séduits par
cette existence si douce, et se rembarqua sur le seul
vaisseau qui lui restait, emmenant avec lui un petit
nombre de naturels.
Après avoir rencontré Pinzon, il mit à la voile pour
fe retour. Il eut d’abord le vent contraire puis il dut
Jutter contre une terrible tempête qui pendant quinze
jours menaça de l’engloutir et de priver le monde de sa
découverte. Afin qu'il en restât une trace, il en écrivit un récit détaillé qu il renferma dans des barriques, puis
illes jeta à la mer espérant que les flots qui mena-
galent sa vie les pousseraient vers quelque rivage CLVI-
hsé.
Fort heureusement, à mesure qu’il approchait des
Açores, la tempête diminuait d'intensité ; mais ayant débarqué il fut fort déçu du mauvais accueil que lui É
néservèrent les Portugais, qui empoisonnèrent la moitié de son équipage, le roi, jaloux des découvertes de Colemb, l’accusant de lui avoir enlevé les possessions que le Pape lui avait concédées. Fe Toutefois lorsque Colomb arriva à Lisbonne et
qu’il narra ses découvertes, le roi, frappé d’ admiration,
dissimula son dépit, et reçut le navigateur génois avec
de grands honneurs. Enfin Colomb rentra à Palos au inilieu des transports de joie de la population. Les cloches sonnaient à toute volée : les boutiques fermèrent en signe de joie et de toutes parts on accourait pour.
acclamer celui qui venait de découvrir un nouveau -