MÉCONTENTEMENT DES ROIS
attribuait à l'Espagne les pays situés au delà de cette ligne.
[lest intéressant de constater que le Pape, qui n'avait
jamais été sur mer et ne s'était guère occupé de cosmo-
graphie, ait pu disposer de pays inconnus de lui en faveur d'une nation aux dépens d’une autre qui avait fait les frais de l'expédition et qui avait contribué à la découverte du nouveau monde, ce qui prouve bien qu'à la fin du moyen âge et même au commencement des temps modernes, le pape disposait non seulement du pouvoir spirituel, mais aussi du pouvoir temporel. £
Colomb, à la suite de son premier triomphe, entreprit une seconde expédition, et cette fois-ci [plein de confiance
* dans de nouvelles conquêtes, il emporta des vivres, | L
des outils et instruments de toutes sortes, des semences, des racines ou rejetons, des chevaux et autres animaux domestiques dans le but de coloniser les pays inconnus. Une foule de gens demandèrent à prendre part à cette expédition, les uns par cupidité et les autres par esprit d'aventure. Il y avait un grand nombre d'individus choisis et aptes à la lutte, mais beaucoup de volontaires s’embarquèrent à leurs frais.
L'escadre espagnole arriva à la Guadeloupe, située au milieu de l'archipel des Antilles,mais l'attitude inso= lente des envahisseurs provoqua un mécontentement; général parmi les naturels, qui appelèrent à leur secours les Caraïbes, tribu experte en navigation et rompue au maniement des armes. Cependant les Caraïbes se sen—
ff