‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 2 sur 342 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

de ï Eglise, la seuleassociation organisée à cette époque

pour former une alliance entre le trône et l'autel qui La devaient se prêter un appui mutuel en cas de résistance À de la part des peuples. Ases débuts, l'Eglise, se sentant | encore faible, en profita pour fortifier d’abord son pou

tôt à titre de fiefs, tantôt sous forme de donations; . mais après qu'elle eut réussi à établir son influence © spirituelle sur les masses populaires, elle aspira de même que l’ancienne Rome à la domination univer— selle, non par la force des armes, mais bien par la force morale dont elle a souvent abusé. pour intervenir : dans les affaires temporelles de l'Etat. L’arme qui lui ÿ a le mieux réussi fut l’excommunication des princes lors-

Cependant un événement inattendu vint contrarier la

puissance de l'Eglise. Ce fut l'invasion de l'Espagne

par les Arabes, lesquels après avoir recueilli les semences

autorités impériales de Con les apportèrent en Espagne.

Ils y fondèrent des écoles qui vulgarisèrentla langue et la littérature grecques en même temps que la langue arabe, au point que l’Andalousie devint un foyer important de culture des sciences et des beaux-arts, rayonnant sur toute l'Espagne, tandis que l'Europe chrétienne était encore soumise,sous les gouvernements

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__ : féodaux, à un régime d’intolérance, conséquence de “ee l'ignorance et de la superstition. En même temps l'Orient était devenu un terrain de lutte entre chrétiens et musulmans. Ces derniers dominaient alors en Syrie et en Palestine après s’être rendus maîtres de la ville sainte de Jérusalem qui abritait le Saint-Sépulere. L'Eglise se croyant menacée de perdre son influence surle monde chrétien fit de grands efforts pour orga-

niser au xI° et au x11e siècles des croisades pour arra- - cher la terre sainte aux mains des infidèles. Mais tous ses efforts qui poussèrent presque tout le monde chrétien vers la terre sainte en huit croisades dans l'espace de deux siècles, aboutirent finalement à un échec. Ce fut alors que la Papauté décida d’orga-

niser une éroisade en Occident contre les Arabes d’Es-

pagne, ayant poussé les gouvernements de Léon et des Castilles à entreprendre une guerre contre eux. - En effet, grâce au manque d'union parmi les chefs arabes, les armées chrétiennes réussirent à chasser les musulmans des provinces de Tolède, de Saragosse, de Valence, de Jaen, de Cordoue, de Séville, de Malaga et de Grenade. Alors les rois catholiques, sur les ins- : tances de linquisiteur Torquemada, décrétèrent l'ex- ‘pulsion des Arabes et des Juifs du territoire espagnol,

malgré leur promesse solennelle au roi Boabdil dans les capitulations, de respécter la vie et les biens des : Arabes qui voudraient rester‘dans leur pays natal, ainsi que leur langue, leurs coutumes et leur religion.

. Ce fut dans le même Li qu’ ’1ls et comme otage |

le fils de Boabdil et c’est seulement après s’être vas | frustrés dans leur espoir qu'ils eurent recours aux mesures les plus vexatoires d'intolérance contre les Arabes, sous prétexte qu’ils conspiraient contre le nouveau régime. : re L'Eglise, de son côté, ‘pour mettre en vigueur le décret royal d'expulsion des Juifs et des Arabes, créa des tribunaux d'inquisition qui se servirent du système des tortures et des büchers contre tout sujet suspect de libre pensée. Grâce à ces mesures anti-humaines et. | anti-religieuses auxquelles ils donnèrent un caractère national, ils tinrent suggestionné le peuple espagnol pendant trois siééles en faussant l' enseignement d’ amour et de justice de Jésus-Christ, en travestissant la morale chrétienne prêchée par les Apôtres en un régime barbare et odieux et en transformant pendant le xvni° siècle Pprne en un terrain stérile pour toute investiga= on - scientifique, de même que pour, tout Re | altruiste. Heureusement ni le pouvoir spirituel de Eglise, ni la Fun PURES ns . 1e

rh | PRÉFACE eee SNA

dans ses. Yates contre la petite Hollande protestante

qui à la suite de sa victoire sur la plus grande puissance ï militaire des pays catholiques conquit son indépen- dance définitive et devint le refuge de tous les libres

penseurs de l’Europe. Alors l'Eglise,profondément humià liée de son impuissance, poussa l’empereur d'Autriche à déclarer la guerre anx pays protestants, guerre qui. - après trente années de durée, finit avec l'épuisement des deux combattants. Ce n’est que grâce à l'intervention de la France catholique en faveur des protestants sous le œouvernement du Cardinal Richelieu que le traité

en Due en Allemagne et consacrant le triomphe de la liberté de: conscience, Cependant l'Eglise prit sa ‘ revanche en continuant à sévir en Espagne contre les

d’Inquisition qui condamnaient aux tortures et au

la lutte se poursuivit entre la théologie et la science - dans tous les pays catholiques et même dans lés pays protestants jusqu’au xvirr° siècle.

__sèrent une campagne très active qui, secondée par les

ea

intellectuels, amena la grande Révolution de 1789, laquelle inaugura sa grande œuvre par la Déclaration

des Droits de l’homme, qui proclamait la liberté de

pepeer et d'écrire.

de paix de Westphalie futsigné, établissant la tolérance

‘infidèles et les hétérodoxes au moyen des tribunaux k

bûcher les hommes : de science et tous ceux qui se ren-. daient suspects d'indépendance de la pensée. De même

À cette époque les Encyclopédistes français organi-

x PRÉFACE

Bien que les grandes puissances européennes se

fussent coalisées ensuite contre la France républicaine

pour rétablir le régime absolutiste et faire avorter en germe les principes de la Révolution, l’armée française, en dépit de son organisation défectueuse et de ses généraux improvisés, infligea une défaite formidable aux armées coalisées, plus nombreuses et mieux outillées, grâce à l'idéal humanitaire qu’elle défendait et à la

force morale qui animait ses combattants. Il en fut de

même pour l’armée de Napoléon : elle fut toujours victorieuse tant qu’elle défendit les principes de la Révolution, mais elle cessa de l'être du jour où Napoléon mit son génie au service de $on ambition en sacrifiant les intérêts de l'humanité.

D'ailleurs la victoire de l'Europe absolutiste coalisée contre la France ne fut qu’éphémère ; car le Congrès de Vienne n’empêcha pas en France le mouvement révolu-

tionnaire de 1830 et de 1848 et ses répercussions sur tous les pays de l'Europe. Au contraire, le succès de ces révolutions fit changer l'opinion publique du peuple

anglais et de son gouvernement qui reconnurent ofliciel-

lement par un vote des chambres les principes de la

Révolution française. Ilen fut de même pour l'Italie qui,

après une guerre victorieuse contre l'Autriche, devint

un des pays les plus libéraux d'Europe. Cependant il

faut reconnaître que ce ne sont que ces deux pays après

la France, qui ont établi par la voie constitutionnelle un régime de liberté et de justice ainsi que l'égalité:

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