AUX PROGRÈS DE LA COSMOGRAPHIE AU XVI® SIÈCLE
est dû au Conseil Suprême des Indes qui avait institué un poste de cosmographe en chef, auquel tous les pilotes et capitaines qui naviguaient dans les Indes étaient obligés d'adresser leurs notes relatives aux expériences et observations personnelles qu'ils avaient recueillies dans leurs voyages. Au commencement, ce travail contenait quelques erreurs et confusions dans les rapports respectifs, souvent contradictoires, des marins espagnols et portugais. Alors le Conseil Supérieur des Indes chargea en 1596 le fameux cosmographe Garcia de Céspedes de soumettre ces travaux à une nouvelle étude pour y introduire les corrections nécessaire. Ce travail est extrêmement intéressant, car il contient non seulement la description et la manière de se servir des instruments nautiques, tels que l’astrolabe, la boussole, les cartes, les tables des corps célestes, l’arba- ‘lestrille (instrument anciennement employé pour mesurer la latitude) mais il renferme aussi un chapitre qui traite des voyages entrepris aux Indes occidentales par les différents navigateurs et des documents très curieux relatifs à des questions sur lesquelles on n'avait pu se mettre d'accord pendant deux siècles, telles que la délimitation des colonies portugaises et espagnoles en Amérique. On y trouve décrites les côtes de France, d'Espagne et d'Angleterre, les côtes du cap Vert, le cap de Bonne Espérance et du Sud de l'Afrique, ensuite celles du Brésil, le détroit de Magellan, toute l'Amérique du Sud et les côtes du Pérou jusqu’à la Nouvelle