LES PHÉNICIENS INITIATEURS DE L'AGE HISTORIQUE EN EUROPE
Si l'on admet le principe que l’homme historique date du jour où la possession de l’art d’écrire lui a permis de noter les grands événements de l'époque sur la pierre, sur le bois ou sur le papier, on est forcé d’ad- mettre que les Phéniciens, ayant fait connaître les premiers l'alphabet et l'écriture, doivent être reconnus comme le peuple qui a inauguré l’époque historique en Europe, bien qu’ils n’en fussent pas les inventeurs, car les Egyptiens connaissaient l’écriture plusieurs siècles avant eux ; cependant l'alphabet égyptien était encore encombré de signes anciens qui représentaient tantôt une syllabe, tantôt un mot tout entier, tantôt des images hiéroglyphiques, et les Phéniciens, comme peuple commerçant par excellence, ayant eu besoin pour la régularité de leur commerce international d'un système plus simple, éliminèrent tous les signes sylla-biques et idéographiques, ne conservant que vingt-deux lettres dont chacune marque une articulation de la
langue. Les autres peuples ont imité cet alphabet de vingt-deux lettres. Bien que chacun d'eux aït changé un peu la forme des lettres et que quelques-uns, tels - que les Grecs, aient préféré, à l'encontre des Phéniciens écrire de gauche à droite, au lieu de droite à
gauche, on retrouve l'écriture phénicienne- au fond de
tous les alphabets des langues modernes. Le Phénicien Cadmus l’apporta en Grèce; et de là il passa aux Romains, qui l’ont transmis à toutes les langues néo-latines : le français, l'espagnol, le portugais, l'italien ete. <t> cie
Ce fait mérite d'autant plus d'appeler Pattention que les Phéniciens, une des nombreuses tribus immicrées de l'Asie, se trouvant entassés sur une étroite bande de terre longue de 50 lieues comprise entre la mer de Syrie et la haute chaîne du Liban, se voyaient obligés de se consacrer à la navigation en même temps qu’au commerce entre les peuples riverains, et c’est le besoin de développer leur commerce qui de. a poussés à acquérir l’art de l'écriture et les connaissances nautiques. C’est ainsi qu'ils commencèrent par construire avec les grands cèdres du Liban des barques à rames et à voiles ; ils se rendirent ensuite sur le littoral méditerranéen de l'Egypte, ayant acquis au préalable
des connaissances nautiques et astronomiques suffisantes pour savoir se diriger en haute mer; ils
finirent par devenir les commissionnaires du ONE ancien, car ils allaient acheter à des peuples rlve-
rains leurs marchandises qu'ils échangeaïent ensuite contre les denrées des autres pays. Dans les pays avec lesquels ils-trafiquaient, ils avaient fondé des comptoirs qui étaient plutôt des postes fortifiés au bord de la mer, dans un port naturel où ils débar-
quaient les marchandises achetées pour leur compte,
telles que des étoffes, des bijoux et des idoles. Ce furent eux qui introduisirent en Grèce des vases, des bijoux et des étoffes moe en Egypte et en Syrie. Il y eut des marchés phéniciens dans la Méditerranée, de même quesur les côtes de la Grèce, de l’ Egypte, de la Sicile, de la Sardaigne, de la Crète, de Chypre, de la France et de l'Espagne. Sur les côtes de la Grèce, ils péchaient un coquillage d’où ils tiraient une teinture pourpre dont ils se servaient pour teindre les étolfes employées pour les vêtements des rois et des grands seionéurs. D'un autre côté les Phéniciens, comme industriels et marins qu’ils étaient, n’avaient n1 l’esprit ni le caractère d’un peuple guerrier, Ils se soumirent volontairement à tous les conquérants, tantôt
Egyptiens, tantôt Assyriens, auxquels ils payaient un
tribut. Ils ne formaient pas un royaume unique, chaque ville avait son petit territoire indépendant et son roi,
mais ils s’entendaient entre eux pour les affaires communes. Hs ont fondé plusieurs villes importantes telles que Sidon qui jouissait d’une suprématie commerciale