DE SON LIVRE SUR L'ÉTHIQUE
la déclina poliment, car d’abord il n’estimait pas que dans une chaire officielle la liberté d'examen püût être illimitée et ensuite Spinoza se trouvait à ce moment-là très occupé et son esprit était entièrement absorbé par son nouvel ouvrage, l'Ethique qu’il était sur le point de terminer. C'est précisément en 1675, lorsque Spinoza se proposait de le livrer à la publicité, qu’il reçut une lettre de son ami Oldemburg, après dix années de silence, le suppliant de ne rien mettre dans son ouvrage qui: püt porter atteinte à la pratique de la religion. Spinoza, bien qu’il ne fût pas homme à se laisser
troubler par les scrupules de son ami, n’en conçut pas
moins des appréhensions, car dans la réponse qu’il fit à Oldemburg, il dit : « Je suis allé à Amsterdam avec le dessein de livrer à l’imprimeur le livre dont je vous ai parlé mais sur ces entrefaites le bruit s’est répandu de tous côtés que j'avais sous presse un livre sur Dieu, où je m’efforçais de démontrer qu’il n'ya pas de Dieu ; des théologiens profitèrent de l’occasion pour se plaindre de moi aux princes etaux magistrats ». Ainsi Spinoza s’arrêta au moment de remettre ld'Ethique à l'imprimeur, et /'Ethique ne parut que par les soins de ses
cu disciples, Louis Meyer et Jarrig Jellis, l’année de sa
mort en 1677, car le 21 février de cette même année, sans que lui nises hôtes s’attendissent à cette fin sou-
daine, il succombaït à la suite d’une: syncope, à l’âge
de 44 ans, n'ayant à son côté que son ami, le médecin Louis Meyer. |