L'ORIGINALITÉ DE LA PHILOSOPHIE
‘Dieu, comme substance infinie, ne peut avoir que des attributs infinis, mais nous n’en connaissons que deux : étendue infinie sans être divisible et pensée infinie sans qu'il y ait entendement, car Dieu n’a d'autre pensée que son essence même. La liberté de Dieu est cette vertu que tout procède de lui, selon la raison infinie. Effectivement, tout vient de Dieu, tout est par Dieu, tout est Dieu, Dieu est la cause efficiente, éma-
nante de tout ce qui est. Jamais philosophe ne s’est -.
prononcé d’une manière aussi sublime que Spinoza sur Dieu... Heine dit avec raison, lorsqu'il accuse les adversaires de Spinoza de mauvaise foi en qualifiant ses ses doctrines d’athéistes : « On pourrait mieux dire de Spinoza qu’il a nié l’homme; car d'après lui, l'esprit humain n’est qu'un rayon de lumière de la pensée infinie et le corps hnmain n’est qu’un atome de l'étendue infinie. C’est dans l’homme que Dieu arrive à la conscience de soi-même. Bien entendu, ce n'est pas dans l’homme individuel, sinon dans l'homme collectif, de manière que chaque homme ne conçoit et ne repré-
sente qu'une partie de Dieu-univers, mais l'humanité
dans son ensemble le conçoit et le représente dans l'idée et dans la réalité. ee
Selon Spinoza, l’homme n’est qu'un simple phéno- RS mène, un mode de Dieu. Son corps n'est qu'une suc-
cession de modes de l’attribut divin de l'étendue. Son esprit n’est qu'une succesion corrélative de modes de l'attribut divin de : Dies Entre les idées de l esprit
PANTHÉISTE DE SPINOZA eue 709%
et les mouvements du corps il y a une correspondance. qui résulte non d’une action et d’une réaction quel- conque de l'une sur l’autre, mais de la correspondance parfaite de tous les modes de ces attributs divins de: l'étendue et de la pensée.
EN Selon Spinoza, l'homme étant un mode de Dieu,
son devoir est de travailler à son perfectionnement. intellectuel et moral. C'est ainsi qu'il travaillera à son immortalité. En effet, selon Spinoza, l'âme consistant uniquement dans la succession et la collection de ses. idées, si celles-ci ont pour but des objets périssables, “elles périront toutes en même temps que les objets.
qu’elles représentent et l'âme elle-même périra. tout.
entière avec elles. Si au contraire la plupart des idées. d’une âme se rapportent à des objets éternels et impérissables, elles ne périront pas et cette âme sera.
immortelle. Celui-là seul échappera tout entier à læ
mort qui se sera élevé à la contemplation en toutes chosés de la substance infinie de Dieu, ayant ‘travaillé. en même temps à son perfectionnement intellectuel et.
moral. : s in
Si l’on fixe l'attention sur la vie et sur les œuvres de Spinoza,onletrouvetout original dans sa manière de pen-
: - seret d'agir ; ferme d’esprit etde caractère bien que faible
de corps, ilconserve son indépendance morale etintellec-