‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 289 sur 342 · LETTRES PROVINCIALES DE PASCAL · texte numérisé non relu

LETTRES PROVINCIALES DE PASCAL

les pauvres. S’affaiblissant graduellement par sa vie ascétique il finit par succomber en 1662 à l’âge de trente-neuf ans. ; SRE Bien que la vie de Pascal fût de courte durée, son œuvre n’est pas à dédaigner ; elle est même assezinstructive. Sa vie intellectuelle, intimement liée à son état physique, peut se diviser en deux périodes ; dans la première'il se révèle comme un esprit fort, un penseur profond, un savant distingué etun philosophe sceptique ; dans la | seconde il. apparaît comme un être maladif, superstitieux et passionné pour la foi, misanthrope, égoïste et croyant mystique: Todioiss Pascal, même après avoir été en proie aux obsessions mystiques, eut des moments de lucidité pendant lesqueles il revenait à ses ‘anciennes habitudes de philosophe et de penseur, consacrant au travail ses heures de liberté. Mais celui-ci n'était plus le fruit de la méditation sereine ni l'effort de la raison pure ; c'était plutôt ur mélange de pensées tristes et de sentiments aigris, voilés de mysticisme et de doute. C’est ainsi qu’en 1654, lorsquela Sorbonne eut condamné les écrits d'Arnauld, un des savants de Port- Royal, il prit la défense des jansénistes contre les jésuites, et publia ses fameuses Lettres provinciales où il discutait avec éloquence les questions religieuses. et attaquait avec passion et avec une verve mordante les principes et la morale relâchée de certains jésuites. En 1658, à la suite du miracle de l'épine par lequel une de ses nièces fut guérie d’une fistule lacrymale, Pascal

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