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milieu quil considère comme supérieur à lui, mais une
fois qu'il s’est assimilé les qualités du milieu ïl est disposé à de nouvelles luttes, et suivant ses tendances et ses aspirations, il sait en profiter pour se mettre audessus de tous les obstacles et remplir la mission que la nature lui a assignée dans l’évolution de l’espèce humaine. En effet, les Phéniciens ne constituent pas
‘un cas isolé dans l’histoire ; nous aurons l’occasion de
réunir au cours de ce travail un grand nombre de faits
historiques relatifs à de petits peuples qui, bien qu'in-
signifiants par le nombre de leurs habitants, ont joué un grand rôle dans l’histoire de l'humanité.
Toutefois, il faut distinguer parmi les peuples qui ont contribué au progrès de la société humaine, ceux
dont les services sont restés limités à l’ordre matériel
et ceux dont les travaux s’étendirent également à l’ordre moral et intellectuel. Il est incontestable que les
efforts faits par une collectivité humaine pour améliorer
son bien-être matériel constituent en cas de succès un progrès pour l'humanité entière. Cependant, si le résultat de ces efforts reste limité à la satisfaction des besoins matériels, il ne donne pas à la collectivité la conscience d’avoir fait grandir la personnalité humaine, car le bien-être matériel d’une collectivité par lui-même peut bien satisfaire ses besoins réels ou fictifs, mais il n’est pas suffisant pour élever le niveau moral et
intellectuel de ses membres. Ce fut précisément le
cas des Phéniciens:; d’un côté, se trouvant enfermés
dans une petite langue de terre entre la mer de Syrie et les montagnes du Liban, ils n’embrassaient qu’un horizon très limité; d’un autre côté, négociants par nature, ils aspiraient avant tout à satisfaire les besoins matériels des peuples éloignés les uns des autres, en les mettant en contact par l'échange réciproque de leurs produits. Il leur manquait également l'esprit
d'initiative et la puissance créatrice tant dans les arts
que dans les sciences. Ils ne faisaient qu'emprunter les dieux et les pratiques religieuses aux peuples de l'Asie Mineure. les Chaldéens, avec lesquels ils
; avaient des rapports fréquents. Ils adoraïent le soleil
et la lune sous les noms de Baal et Baaleth, car le
soleil et la lune étaient aux yeux des Phéniciens les
grandes forces créatrices et destructrices. Chacune des villes de Phénicie avait ainsi son couple divin:
à Sidon, Baal Sidon (le soleil) et Astoreth (la lune); ‘à Gebel, Baal Tammouz et Baaleth ; à Carthage, Baal-
Hamonet Tanith. Baal comme destructeur, était adoré
à Carthage sous le nom de Moloch. Quand on vou-
lait l’apaiser, on déposait sur ses mains des enfants qui tombaient aussitôt dans un gouffre de feu. Ces dieux,
représentés par des idoles, avaient des temples, des autels et des prêtres; en tant que créateurs, on les
honcrait par des fêtes bruyantes et des orgies : en tant que destructeurs, par des sacrifices humains; ce qui prouve bien que c’est plutôt l'esprit de gain et de lucre
qui poussait les Phéniciens à de grandes entreprises et
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qu’il leur manquait complètement l'idéal supérieur d’une vie religieuse. |
Toutefois, il faut reconnaître que les Phéniciens, comme navigateurs et commerçants, ont joué un rôle civilisateur dans l’évolution intellectuelle de l’Europe depuis l’âge des métaux dans la période néolithique jusqu'aux débuts de l’âge historique de l'homme en Europe: On peut calculer que leur influence n’a pas duré moins de 2000 années que l’on peut diviser en deux phases. Pendant la première leur colonisation n'a pas dépassé la mer ionienne, restant limitée aux côtes de la Grèce, de l’Asie-Mineure, de la Crête, de Chypre et de l’Iberia, près de l’Arménie. Dans la seconde phase leurs colonies s’étendirent à tout le littoral de la Méditerranée, de même en Italie qu'en France, et finalement jusqu’au littoral de l'Espagne. Probablement, quelques navigateurs phéniciens dans la Méditerranée se sont vus poussés par les vents d'Est, transformés en ouragans, qui dominént dans cette région et obligés. de chercher refuge aux côtes de l'extrémité est de l'Espagne où ils ne tardèrent pas à se mettre en. contact avec les indigènes qui étaient alors les Ibères.: Ceux-ci les ayant reconnus comme des hommes. paci-: fiques leur firent bon accueil, d'autant plus qu'il s'agissait de personnes intelligentes avancées en culture et n’hésitèrent pas à-leur faire connaitre les richesses: minières de la- région. : Les marins, après leur retour chez eux, communiquèrent leùrs impressions.
de voyage sur les pays riches découverts par eux, aux
éommerçants leurs compatriotes, les invitant à se mettre en rapports commerciaux avec les habitants des A 9 0
côtes Est de l'Espagne. En effet, plusieurs groupes de négociants, influencés par les rapports encoura-
geants de leurs compatriotes, se décidèrent à faire
une expédition sérieuse sur les côtes Est de l'Espagne. Après leur arrivée, il s'établit bientôt entre
les Phéniciens et lès indigènes un échange des pro-.
duits naturels du pays contre les produits élaborés par l’industrie étrangère. En même temps, les Phéniciens enchantés de la beauté du climat et de-la ferti-
lité du sol,faisaient connaître aux indigènes des procé-
dés agricoles nouveaux et leur fournissaient même des instruments en usage en Asie Mineure eten Egypte. À mesure que les rapports commerciaux devenaient
plus fréquents et. plus intenses, les Phéniciens fondaient en Espagne un grand bis de villes telles que
Malaga, Almerie, Seville,. Cordoue, Cadix et Barcelone: mais leur véritable but était l’exploitation des mines de cuivre, de plomb et d'argent et même d'or.
Selon les rapports des historiens de l'Antiquité, ils
construisaient leurs ancres en métal précieux et se
servaient de celui-ci comme de lest à leurs navires
pour le retour à leur pays dans le but d'exporter la
plus grande quantité possible de métaux précieux (1),
avec la circonstance aggravante qu’ils profitèrent de
1, Fr. Lopez Fuero, Sociologia Agricola, p. 96, Madrid.
leur supériorité dans la connaissance des métaux pré-
cieux pour exploiter d’une manière cynique leurs soidisants amis les Ibères en échangeant ,des métaux précieux contre des produits e en verre a: des métaux ordinaires élaborés par eux. HR | Cette manière d’exploiter la confiance des personnes
honnêtes mais ignorantes qui leur avaient donné l’hos-
pitalité prouve bien la mauvaise foi des Phéniciens, leur âpreté au gain, ainsi que leur dédain du sentiment
humain, lorsque l'intérêt matériel est en jeu. Il est
“vrai que les Phéniciens ont été les maîtres des Ibères, leur enseignant la connaissance et l’usage des métaux, de même que la gravure et le dessin et les procédés
agricoles empruntés aux Egyptiens, mais ils leur ont fait payer bien cher les leçons qu’ils leur ont données. Toutefois, cela n’a rien d'étonnant si l’on considère qu'ils ’agit d’un peuple essentiellement commerçant dès son origine et dont la mentalité, loin de changer, s’est intensiliée par l'atavisme dans les CARTER. successives. 7