‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 294 sur 342 · LA PHILOSOPHIE SENSUALISTE DE BAYLE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE SENSUALISTE DE BAYLE

bonne heure 1 grec no le Jatin. Il fit.ensuite ses études à Puylaurens, dans le Tarn, et après, au collège des

as Jésuites, à Toulouse, où il se convertit au catholicisme,

mais bientôt, sur les instances de sa famille, il retourna au protestantisme, Plus tard, il se rendit à Genève | où il devint un ardent défenseur du cartésianisme. Là,

il ne tarda pas à attirer l'attention de Basnage, théologien protestant qui le recommanda à ses amis en qualité de précepteur, et en 1671, il fut nommé professeur

” ulé philosophie à l'Université de Sedan où son ensei-.

nement lui valut une grande réputation. Mais craignant la suppression de l’Université de cette ville, ‘+ qui, en effet, eut lieu peu de temps avant la Ed atioe de l'édit de Nantes, Bayle émigra en 1681 en Hollande avec Jurieu et, fixa sa résidence dans la ville de Rotter- - dam où il fonda avec son ami un établissement d'ins- truction appelé l'Ecole illustre. |

. Son enseignement, de même que ses écrits, trou-

vèrent bientôt un écho dans toute l'Europe, au point

que la Reine Christine, électrice de Brandebourg, entraen correspondance avec lui. H publia cette même année ses Pensées sur la Comèle, attaquant les préju- : Des vulgaires qui voyaient dans l’apparition de ce météore un présage sinistre. En 1688, il fonda un journal sous le titre : Nouvelles de la République des dettres, où il critique dûrement la révocation de l’édit = de Nantes et combat avec âpreté l'intolérance de Louis XIV. Bientôt sa réputation comme penseur et

comme écrivain lui suscitèrent des ennemis, aussi bien

parmi sés anciens amis à la tête desquels se trouvait Jurieu que parmi ses adversaires naturels qui le dénoncèrent au Consistoire et au prince d'Orange, comme athée et conspirateur, ce qui lui fit quitter sa chaire et renoncer à sa pension.

Grâce à la protection de lord Shaftesbury, il échappe

“aux coups de ses persécuteurs. Dès lors, il se consa: cra entièrement à l'étude de la philosophie et aux tra-

vaux littéraires. En 1697, il publia son Dictionnaire historique et critique, dont il fit une nouvelle édi-,

tion, en 1702, en trois volumes. En même temps, il composa plusieurs ouvrages de critique et de controverses en six volumes, parmi lesquels se trouvent

Les réponses aux questions d'un provincial. Malheureuse-

ment, ses nombreux travaux philosophiques et littéraires, auxquels il se consacra avec une constance et

une ardeur plus grandes que ne lui permettait sa consti-

tution délicate contribuèrent à épuiser ses forces, et il finit par succomber en 1706 victime d’une maladie héréditaire dans sa famille, la phtisie pulmonaire.

Bayle se distingua surtout par une immense érudition et par un esprit critique de premier ordre, mais il n’a rien créé, n’a rien affirmé et n’a établi aucune doctrine basée, soit sur la raison, soit sur la révélation ; il ne faisait qu’attaquer, critiquer, poser des prémisses sans conclure, à savoir : démolir sans construire. Est-ce par sagesse qu’il agissait de la sorte, ou par convic-

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