REPRÉSENTANT DE L'ÉCOLE ÉCOSSAISE
humaine qu’un faisceau de perceptions et dans le monde-extérieur que le sujet inconnu des sensations, la cause n'étant qu’un rapport (confirmé par la fréquente répétition), entre les faits qui se succèdent constamment ; c’est l'habitude qui nous fournit les notions de substance et de cause. Sous les termes cause eficiente et cause finale, il n’existe qu’une illusion de l’ha-
sciences mathématiques sont certaines, c’est qu’elles se trouvaient d'avance incluses dans les abstractions qui leur servent de base. Une fois séparées des phéno- mènes sensibles qui les suggèrent, les idées de nombre
et de grandeur se combinent, s’analysent, se subdivisent et se recomposent indéfiniment, et tous leurs produits sont susceptibles de démonstration. Mais il n’en résulte pas qu’elles correspondent à une réalité concrète. Quant à la science objective, elle n’est qu'une nomenclature des phénomènes. La raison, dit-il, ne peut rienaffirmer sur la relation de causalité, car elle ne peut sortir d'elle-même ni s'élever 16 decaus de l’affirmation du phénomène, L'expérience, il est vrai, nous
tel autre et nous nous imaginons que celui qui suit dépend de celui qui précède ; nous attribuons au premier une cause et nous considérons le dernier comme un effet, mais l’idée d’une liaison de ce genre n’est que le résultat de l'habitude. Rien ne justifie à priori l’idée
de cause. Par conséquent, Hume supprime d’un traitla doctrine de la causalité et de la finalité. Il aurait nié Ë toute réalité et supprimé même le no et la spontanéité Fe du moi s’il n'avait craint de donner une arme à ses adversaires. Grâce à cette crainte, il admet une disposition inhérente à l’homme, un penchant qui nous porte à prendre des « représentations semblables pour des représentations indentiques », et bien qu'il explique ce fait par l’habitude, il a un criterium distinct par rapport à l'expérience et surtout pour les œuvres morales, pour lesquelles il invoque un instinct, un sens particulier qui a pour objet « le beau et le bien ». La morale, dit-il, n’est pas l’objet de l’entendement, mais du sentiment ; le bien est senti comme le beau, lebien est le beau moral ; il y a un sens, un instinct moral. Au A fond, le sens moral, la bienveillance, Ja sympathie, : l'utilité sont au point de vue moral des principes équivalents et réductibles aux besoins révélés à l’homme par la sensation. En d’autres termes, la sensation gouverne l’homme et l'intérêt régit le monde. s. Il est tout naturel qu'une doctrine aussi hardie ait. ameuté contre elle tous les défenseurs de la métaphysique et de la religion révélée. C'est surtout d'Allemagne que partit le cri d'alarme. Ce furent Mérian, de l'Académie de Berlin, premier traducteur français des Essais, Jacobi et Abel, qui partirent en Buse contre | l’enseignement de Hume. | 4 D'autre part, en Angleterre, Thomas Reid etlYIrlan-