DE L'ÉCOLE ÉCOSSAISE
classes éclairées d'alors ne se préoccupèrent guère, nien France ni en Angleterre, de savoir si cette nou- velle doctrine était en harmonie avec les dogmes de l'Eglise. On demandait uniquement à la phil sQpars de satisfaire aux besoins du sentiment et de la raison eten même temps de reconnaître l’existehce de Dieu et “> limmortalité de lâme, car à mesure que le goût de FL expérience et de l’analyse scientifique se réveillait . parmi les savants, on s’habituait à regarder plutôt avec A indifférence et même avec un certain dédain les recherches métaphysiques,au pointque le cartésianisme, sn regardé autrefois comme une doctrine dangereuse, | était devenu la philosophie officielle, dont les gouvernements se servaient souvent comme instrument d’ opression. C’est ainsi que le xvin” siècle, sous la doctrine séduisante de Locke, finit par constituer une réaction contre le régime d’intolérance du xvn° siècle, et par & considérer Locke lui-même comme le chef de l’école du sensualisme déiste, tant en France qu'en Angleterre, où sa philosophie trouva des adeptes enthousiastes : parmi le publie et des défenseurs ardents parmi les philosophes. Toutefois la mentalité des penseurs de ces deux pays donna lieu à la formation de deux écoles de caractère distinct : 7 | L'écote écossaise, représentée par David Hume et. É. Reïd, et l’école française de la libre pensée, __ représentée par Condillac, Diderot et Voltaire.
HI
David Hume, né à Edimbourg en 1711, fit ses études à l'Université de sa ville natale et passa ensuite plusieurs années à Paris où il publia en 1738 son traité
de /a nature humaine refondu plus tard dans les Essais
sur l'Entendement humain. En 1742, il publia des Essais moraux, politiques et littérarres. De retour en Angle-
terre en 1746, il fut nommé secrétaire du général Saint-
Clair, chargé de l'Ambassade de Turin et ensuite de
Vienne. En 1752, il publia ses Recherches sur les prin-
cipes de la morale et l'Histoire naturelle de la Religion. Dans la même année, il fut nommé bibliothécaire de la ville d'Edimbourg, où il entreprit le plus important de
ses ouvrages, l'Histoire de l'Angleterre. En 1767; 181 accompagna lord Hertford, comme secrétaire d’Ambas-
sade, à Paris, où il se lia avec J.-J. Rousseau. En 1767,
il fut nommé sous-secrétaire d'Etat, mais deux ans après, il se retira des affaires et s’établit à Edimbourg,
où il mourut en 1776.
Quant à l’œuvre de Hume, bien qu’il n'ait fait que suivre les doctrines de Locke, relatives à l’origine des
connaissances, admettant, comme lui, que toutes les
idées procèdent de la sensation, il les marqua d'une empreinte personnelle par les modifications qu'il y introduisit. C’est ainsi qu'il ne voit dans la personne