SPINOZA ET SON ŒUVRE DEVINRENT UN OBJET
Herder se demanda :« Ne pourrait-on pas persuader Gœthe delireun autre livre que /'Ethique de Spinoza ? » 7 L’ardent Novalis s'enflamme pour le Dieu-nature de Spinoza « qui s’agite sourdement dans les eaux et les vents, sommeille dans la plante, s'éveille dans l'animal, . sent et pense dans l’homme; c’estsurtout dans l’homme . qui sait se diflérencier individuellement de la nature objective et qui renferme dans sa raison les idées qu’il retrouve dans le monde des phénomènes, quela divinité arrive à la conscience d'elle-même. À mesure que la æ . raison humaine se perfectionne, elle aura une connais sance plus parfaite de sa nature divine ». :
us Après les poètes, viennent les théologiens mêmes : Ecoutons Schleiermacher :
« Sacrifiez avec moi une boucle de cheveux aux mânes du saint et méconnu Spinoza ! Le sublime esprit du monde le pénétra, l'infini fut son commencement et ee ; sa fin, l’universel son unique et éternel amour; vivant | Ée dans une sainte innocence et dans une humilité profonde, il se mira dans le monde, un mircir digne d'amour ; il fut plein de religion et plein de l'Esprit saint, aussi nous apparait- -il solitaire et non égalé, maîtie en son art, mais élevé au- -dessas du profane, ; sans disciples et sans droit de bourgeoisie. >. & Comment explique-t-on cette contradiction aussi | frappante entre les philosophes du xvnie et du xvirr° siè- | eles sur le système philosophique de Spinoza? Pendant que les uns le considèrent comme athée ou matéria=
| liste, les autres le jugent comme } expression du déisme le lus pur.
Emile Saisset, traducteur Le œuvres de Spinoza, l'explique de la manière suivante :
« Les adversaires principaux de Spinoza n’ont connu de lui que son premier ouvrage Traité théologico-politique, dans lequel il attaque les Saintes Ecritures, pro- duisant des raisonnements scientifiques basés sur des
connaissances linguistiques très solides contre l’au-
nes thenticité du Pentateuque, prouvant que les prophéties
ne sont que des illusions ou des symboles, les miracles; | des paraboles ou des faits naturels. Moïse, un grand
Se politique, Jésus-Christ, une âme sainte et.le premier
| des Sages. Il n’y a rien d'étonnant qu’un homme qui
ose exposer de pareilles opinions qui sapaient les fon-
dements d'œuvres sacrées, telles que la Bible et l'Evan-
. Bile. dans un siècle de discipline et de foi, n'ait ren-
| contré que des haines et des anathèmes, tant parmi les
catholiques que les protestants. Il y en a même quel-
| ques-uns qui l'ont qualifié d'esprit infernal et d’ambas-
or , ; e e e # sadeur soudoyé de Satan, tandis qu’ils ont ignoré et
qu'ils n'ont probablement pas lu son second livre, l'Ethique, qui est beaucoup plus important et plus transcendental que le premier, où il décrit la nature de Dieu, explique l'univers, en découvre les premiers ressorts, en dévoile le mécanisme, sonde toutes les pro-
fondeurs, pénètre tous les mystères, n’ignore de rien, ne doute de rien, développe enfin dans l’ordre inflexible
AR 4 dogmatisme le ne tranchant, le es | “vaste, le plus exclusif qui fut jamais. Le xvrIre siècle, époque d’incrédulité et de hardiesse comprit et suivit | = le philosophe profond dans /’Ethique, maïs il ne s’ in- is
dress guère à ses exégèses de la Le “ à ses os à
roles
tique. » | Au milieu de cette crise de la pensée dans lquelle.
des et la philosophie enénaltéte ie Condillié Re s git Christian Wolf, qui s’efforça de réduire les: prin-
cipes de philosophie à un petit nombre et de les exposer … avec une méthode géométrique. Dans ce but, il posa. comme règle peme de la morale l'obligation de se perfectionner soi-même avant de s'employer à perfec- tionner les ne ee de là il € en tira son no entier
ne ane son système manquait de base et ne co duisait à aucune fin pratique. Au milieu de ce chaos, tout le monde cherchait la lumière, et dans la difficult de trouver le chemin qui HER à la certitude, APE
et de justice hé œagnèrent l'admiration de tout
monde. :" Fe | Kant, bien qu'il soit né à À 1724, 6
L Dante pour pouvoir ie au désir de son fils de se consacrer aux ARputRe mathématiques et Sa
… an esprit critique par excellence, ilsoumit toutes les 5
connaissances Humaines: à la page, mais là où Lil
a os que Dans cette science de il est ut. à fait innovateur, au point d’avoir produit une vérible révolution.
. intime dont il ne détermine . la nature, Co e tout en reconnaissant le principe utilitaire des hefs de l'école sensualiste, il y associe également
celui de l’activité désintéressée, c’est-à-dire l'action