ÉVOLUTION DE LA VIE INTELLECTUELLE RE
l’éloquence si célèbre des Romains fut le privilège de
la République. Ce sont les tribunaux et les assemblées politiques qui fournirent l’occasion de plaidoyers élo= quents, au moyen desquels se sont rendus célèbres.
Cicéron, Caton et ies Gracques, tandis que la chute
dela République, ayant fait disparaître les assemblées
et les grands procès politiques, l’éloquence s’éteignit faute d’aliment.
Toutefois à mesure que Rome étendait ses conquêtes $
et dominait en Orient et en Occident, elle propageait sa langue et établissait ses lois dans tous les pays d’Occident. Les peuples d'Italie, de France, d'Espagne,
$ d'Afrique et ceux des bords du Danube adoptèrent :
la langue latine, celle de leurs maîtres. Ce n’est que
l'Orient qui continua à parler grec jusqu'au moment
de son invasion par les Arabes, tandis que le latin
s’afflermissait de plus en plus dans les pays d'Oc
cident, au point qu'encore aujourd’hui la langue latine prédomine dans presque la moitié de l’Europe, modifiée
à la suite des vicissitudes de l’histoire et du contact qu’elle subit après l'invasion des Barbares avec les
langues d’autres peuples. Elle a donné naissance à O :
cinq langues néo-latines qui se sont développées
indépendamment l’une de l’autre, mais qui conservent
toutes les racines latines, ce sont : le français, l’ita-
L L2 9 : L lien, le roumain, l'espagnol et le portugais. Ce n’est pas seulement la langue latine, maïs aussi
la littérature latine qui domina pendant plusieurs
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siècles en Europe; mème après l’arrivée des Barbares, à la suite des progrès du christianisme en Europe, l'Eglise romaine aspirant à occuper la place de l'impérialisme romain crut nécessaire pour maintenir son influence dans tous les pays chrétiens d'imposer la langue latiné comme langue officielle surtout aux prêtres ; c'est ainsi que les évêques et les moines ont continué à écrire en latin, mème chez Îles peuples anglais et allemands ; dans les couvents et les écoles, on ne copiait et on ne lisait que des livres latins,et les livres de piété étaient écrits en latin. Pendant tout le Moyen Age, ona rédigé en latin les actes, les lois et. même les livres de science. Même après la Renaissance, jusqu'au xIx° siècle, tous les gouvernements européens ont pris à tâche de faire revivre la littérature grécolatine, et toutes les littératures du xix° siècle, tant dans les pays latins que dans les pays anglais, germains et slaves, ont pris pour modèle les idées et les Biovedés littéraires des Romains, surtout en ce qui touche la pot et la rhétorique. | Quant à la sculpture. et à la peinture, presque toutes les statues et les bas-reliefs romains du temps de Em-
æ “pire n'étaient que des imitations d'œuvres grecques,
mais qui n’ont jamais égalé leurs modèles en finesse ni en élégance. Ce qui abondait le plus à Rome c’étaient les bas-reliefs et les bustes. Les premiers, qui ornaient les monuments, les tombeaux et les cercueils de pierre, représentaient fidèlement des scènes pu-