Plutarque, Lycurgue, t. XX VIII
mariée, elle vivait dans une demi-réclusion: Jamais l'épouse grecque ne sortait seule, jamais elle ne s'asseyait à la table de son mari quand il y avait des hôtes masculins. Dans l'opinion gréco-romaine, la femme était une créature inférieure. « La femme, dit Aristote, n’a guère plus que l’esclave la faculté de délibérer (1). » Pour Rome, on connaît l’épitaphe de la. matrone romaine : Domum mansit lanam fœcit.
En Grèce et, à Rome le père eut d’abord sur ses enfants le droit de vie et de mort, de même que sur ses esclaves. Cette loi qui mettait la femme et l’enfant au même niveau que l’esclave ne fut abrogée que sous le règne d'Alexandre Sévère au 11e siècle lorsque la
femme fut émancipée de la servitude du mari. Pour rendre leurs filles plus indépendantes, les parents leur ;
donnèrent une dot. Ainsi la ‘vieille discipline de la
famille tomba ; les dames nobles cessèrent de travail- =
ler et de se tenir dans leurs maisons; elles sortirent et fréquentèrent les théâtres, les cirques, les baïns et les lieux de réunion; étant désœuvrées et très igno-
rantes elles ne tardèrent pas à se corrompre. Si l’on envisage le divorce, autrefois, le mari seul avait le
droit de répudier sa femme, mais d’après la nouvelle loi, la femme acquit le droit de quitter son mari, et tous deux, après le divorce, pouvaient se remarier aussitôt.
C’est ainsi que Sylla eut cinq femmes, César quatre,