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phases historiques de son évolution dans le domaine
de la raison et du sentiment religieux, nous considérons comme nécessaire de connaitre l’état intellectuel de l’homme primitif, et son évolution, depuis son apparition sur la terre dans la période géologique quaternaire jusqu’à la fin de la période néolithique. Il y a trois sources authentiques qui peuvent nous renseigner
à cet égard: la Paléontologie, l’Archéologie et l’Éthno-
logie, cette dernière qui étudie les mœurs et la culture des peuplades sauvages des vastes régions de l’Afrique, de l’Australie et de l'Amérique conformément aux données acquises par d’illutres voyageurs qui ont exploré
ces pays, les uns pour connaître leur géographie, leur faune et leur flore et les autres pour étudier les mœurs
et là culture des pays vièrges et vivant encore à l’état sauvage. Ces voyageurs ont publié après leur retour en Europe des mémoires où ils décrivent avec des couleurs très vives les mœurs et la mentalité collective de ces peuplades. Nous nous proposons de reproduire dans les pages suivantes quelques-uns des faits rapportés,
mails auparavant nous allons donner un aperçu suc-
cinct des connaissances paléontologiques relatives à l’évolution intellectuelle de l’homme primitif en Europe pendant les périodes quaternaires ante et post-diluviennes. ie
Grâce aux progrès de la Paléontologie et de l’Archéologie au courant du xix° siècle on est arrivé à lever
le voile qui couvrait pendant les siècles précédents
l’origine des débris d’un homme appartenant à une race éteinte. C’est surtout à la Paléonlogie que sont dues les premières connaissances qui nous ont con-
duits plus tard à admettre comme une chose démon=
trée l’existence de l’homme ‘antédiluvien. D’après Lar-
tet c'est à un géologue français habitant l'Alle-
magne, Aimé Boué, que revient l'honneur d'avoir proclamé le premier l’ancienneté de l’espèce humaine. C'était en 1823 que ce géologue retira du terrain quaternaire de la vallée du Rhin des ossements humains qu'il présenta à Cuvier comme provenant d'un homme
qui aurait vécu à l’époque quaternaire. Cuvier dans son ouvrage sur les « Ossements fossiles» discute le pour et le contre de cette opinion. Malgré l'insuffisance des documents qu’on possédait alors 1l se prononce dans
les termes suivants :
« Je ne veux pas conclure que l’homme n'existât pas” «avant l’époque des grandes révolutions... Il aurait
«bien pu habiter quelques contrées peu étendues d’où
«il a repeuplé la terre après ces événements ter-
«ribles. »
En 1823 un géologue anglais, Buckland, publia ses | « Reliquiae Diluvianae » où il décrivait la « Caverne de . * Kinklake »-et dans lequelil a réuni tous les faits connus qui militaient en faveur de l'existence de l’homme en même temps que les animaux antédiluviens.
‘ En 1826, un géologue français, Tournal de Narbonne, publia les découvertes qu il venait de faire dans une caverne du département de l’Aude où il avait trouvé des ossements d'Aurochs et de Renne travaillés parles mains de l’homme à côté de coquilles comesà tibles. Trois ans après, M. Christol, professeur à la ___ Faculté des Sciences de Grenoble, trouva des osse- ; “ments humains mélangés à des débris du grand ours, ee de l’hyène, du rhinocéros dans les cavernes de Souvi-
gnargues (Hérault). | : En 1831, Schmerling, géologue belge, découvrit dans les cavernes d’Engis et d’Enghihould en Belgique, deux crânes humains mélés à des dents de Rhinocéros, d’Eléphant, d’Ours et d'Hyène. Il y trouva également des silex, taillés en forme de couteaux et de pointes de = flèche. Plus tard, Schmerling publia un travail où il réunissait une quantité considérable d'objets découverts
dans les cavernes de la Belgique, mais les savants de presque tous les pays d'Europe s'étaient opposés à l'idée de l'ancienneté de l’homme, ce qui est une preuve de plusen faveur de la difficulté à laquelle se heurte tout progrès scientifique en face de la routine et des idées traditionnelles, bien que la vérité finisse toujours
par se frayer son chemin à travers les obstacles les
plus grands.
C’est ainsi qu’en 1838, Boucher de Perthes, l’ardent apôtre de l’ancienneté de l’ espèce humaine, eut le bon-
heur de soumettre à la société d’émulation d’'Abbeville
ses premières haches antédiluviennes et l’année suivante il réussit à recueillir dans les terrains quaternaires d’Abbeville une vingtaine de silex manifestement travaillés par la main de.l’homme.
Bien qu’en 1842 et en 1847 des géologues anglais, |
tels que Godwin Austin et Henri eussent trouvé dans la caverne de Kent des débris d'animaux antédiluviens mêlés à des restes humains, cela ne fit pas avancer d’un pas la question de l'ancienneté de l’homme. En 1847 parut le premier volume des “« Antiquités celtiques et antédiluviennes » de Éueher de Perthes, renfermant environ 4.600 figures d'objets découverts dans les
fouilles que l’auteur avait fait pratiquer depuis 1836 .
dans le terrain quaternaire, ce qui stimula d’autres géologues tant français qu'anglais,.à continuer leurs recherches sur le même sujet, En effet le D° Rigollet, qui avait été un adversaire décidé de l'opinion de Perthes, découvrit des silex travaillés dans les dépôts quaternaires de Saint-Acheul près d'Amiens et d’Abbe-
ville port sur la Somme, et ne tarda pas à se ranger
au côté de l’archéologue d’Abbeville. | Toutefois, c’est aux géologues anglais tels que Falconer, Prestwich et Evans, que revient le mérite d'avoir
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donné une impulsion vigoureuse à la doctrine de Boucher de Perthes. Le D' Falconer, vice-président de la société sociologique de Londres, se rendit dans le département de la Somme pour étudier le terrain quaternaire et les débris qu’il renferme. Ensuite, il fut suivi par Prestwich et Evans, qui à leur retour en Angleterre en 1854, rapportèrent la conviction de l’an- cienneté de l’homme et de son existence avant l'époque diluvienne, ayant retiré eux-mêmes des cavernes de Saint-Acheul et d’Abbeville les ossements humains et les haches de silex. Enfin, M. Charles Lyell, le plus célèbre géologue anglais, se rendit sur les lieux et à son retour, devant l'association britannique assemblée à Aberdeen le 15 septembre 1855,se déclara partisan de l'homme quaternaire. C’est la déclaration du prési-, dent de la société géologique de Londres qui fit pencher la balance en faveur des idées de Boucher de Perthes.
- Depuis lors, on pratiqua de tous côtés, en France et en Belgique, des fouilles qui confirment les résultats obtenus par les géologues français et anglais et la doctrine de l'ancienneté de l’homme avant l’époque diluvienne fut définitivement acquise à la science comme une vérité démontrée. ce
Cependant, la satisfaction que nous donne le triomphe de la vérité ne nous empèche pas de ressentir un profond regret en voyant le temps, les efforts et la lutte qu il a fallu pour vaincre la résistance de la part des
12 ÉVOLUTION DE L'HOMME PRÉHISTORIQUE 7e
hommes de science imbus des idées traditionnelles qui fixaient à six mille années la création de l'espèce humaine. Bien que ce fait ne soit pas nouveau dans l’histoire, elles sont bien connues les luttes âpres et douloureuses qu'ont eu à soutenir les hommes de science de toutes les époques pour établir comme une vérité démontrée les fruits de leurs recherches. Le mouvement de la terre autour du soleil et la circulation générale du sang en sont des preuves éloquentes.' On inclinerait volontiers à admettre que l’évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité est régie par une loi d’après laquelle aucune grande idée constituant un progrès sensible de la raison et du sentiment humains ne peut faire son chemin ni grandir sans coûter de grandes luttes et souvent des flots de sang. et d'innombrables sacrifices à l'humanité. De même qu'une femme ne peut accoucher sans douleurs, l’humanité ne peut pas entrer dans une nouvelle phase d'évolution, sans souffrance et sans secousse. Quoi qu'il en soit, ce fait en lui-même explique en partie la lenteur avec laquelle s’accomplit le progrès dela raison et du sentiment dans toutes les périodes de la civilisation:
Grâce aux fouilles nombreuses pratiquées dans les terrains quaternaires dans les différents pays d'Europe, surtout en Belgique et en France, les paléontologistes sans exception ont reconnu comme une vérité acquise l'ancienneté de l’homme ; car c’est la seule explication logique de la découverte d’ossements humains, à une
certaine profondeur du sol à côté des armes et des ins-
truments fabriqués par la main de l’homme consistant en haches et couteaux en silex taillé, dont il s’est servi d’abord pour se défendre contre les animaux carnassiers, tels que l'ours des cavernes (ursus spelaens), le mammouth (elephas primigenius) et le rhinocéros (rhinoceros trichorhinus) ensuite pour couper les arbres, les façonner et fouiller la terre. Pendant cette période, appelée celle du grand ours, l’homme a préféré fixer sa demeure près des rives des grands fleuves qui lui ont fourni l’eau pour la boisson et les limaçons pour la nourriture; ils lui ont donné en outre l'abri contre le danger des animaux carnassiers.
Ce n’est qu'après avoir inventé des armes de défense et que sa tribu eut grandi, qu'il a osé se loger dans
les cavernes naturelles près des montagnes et en chasser les animaux. Cette première période de l’homme | quaternaire, appelée par les paléontologistes, l’Age de Pierre, est divisée en deux époques, celle de la « Pierre Taillée » et celle de la « Pierre Polie v. La première est divisée à son tour en deux périodes : celle du Grand Qurs et celle du Æenne. Dans la première, il construit déjà deux classes d'instruments en silex taillé, les uns pointus, les autres lancéolés, destinés à couper et à râper. Cette période se prolongea pendant plusieurs siècles, jusqu’au moment où les animaux carnassiers se virent impuissants à lutter contre les hommes pourvus d’armes leur donnant une supériorité sur leur
force naturelle ; ensuite, le changement des conditions climatologiques de l’Europe centrale leur rendit la vie difficile et les obligea à émigrer vers les régions boréa les, ils furent alors remplacés par de nombreux troupeaux derennes. Cette nouvelle périodeest dénommée celle du Renne, bien que celui-ci fût accompagné d’autres espèces d'animaux tels que le bœuf musqué et l’élan. À cette période, l’homme déjà plus intelligent et plus expérimenté travaillait mieux le silex, il en faisait des lames en pointes taillées, des scies et des râcloirs, et confectionnait également des instruments en os, en ivoire, en bois de renne et en corne de cerf. Bien qu’il habite encore la caverne, il sait la rendre plus confortable aux besoins de sa famille. Il tâche même de trouver
des abris, sous des rochers escarpés, pourvus de sail-
lies, lui servant de toit. Cependant sa culture n’est pas assez avancée pour qu’il pense à labourer la terre ; il est encore essentiellement chasseur et au besoin anthropophage, il chasse les animaux à coups de lance et de flèches et il se sert de leur chair pour sa nourriture et de leur peau comme abri contre les intempéries. Toutefois, la vie nomade qu’il menait, le mettait en contact avec ses semblables habitant les régions plus éloignées,
dépourvues de silex et moins avancées en culture que
lui, ce qui a amené des rapports commerciaux et industriels. C’est ainsi qu'en 1855, en faisant des fouilles à Chaleux, près de Dinan, en Belgique, on a recueilli
près de 20.000 haches en silex, bien taillées, des poi=
gnards, des couteaux et des râcloirs ce qui prouve bien qu'il y eut à cette époque de véritables manufactures d'armes et d’ustensiles, en même temps que des centres de commerce entre les peuplades des différentes régions du nord-ouest de l'Europe. A cette époque il y eut aussi les premières ébauches de l’art parmi les habi-
tants de certaines cavernes ; dans les départements de
la Charente, la Dordogne, la Vienne, le Tarn et la Garonne,de la France actuelle,on a recueilli des dessinset des sculptures sur des fragments de bois de renne, sur ivoire et sur os représentant des êtres organisés, surtout des animaux tels que le renne, le bison et le cerf.
Beaucoup plus frappantes que les gravures et les pein tures trouvées dans les cavernes et les grottes des départements français, sont celles découvertes en 1875 dans la grotte de Altamira dans la province de Santander en Espagne, avec la particularité que dans cette dernière | ne setrouvait pas le renne parmi les peintures sur la muraille de la grotte. Par contre, on y a trouvé les restes d'un squelette entier. de l’ours des cavernes, à côté de ceux de chevaux et de cerfs, ce qui donneraitlieu de supposer que le renne avait déjà quitté l'Espagne longtemps avant la France, à cause de la douceur de son climat. Quoiqu'il en soit, il est démontré que, même à l’âge de la pierre taillée, lorsque la culture humaine se trouvait encore à l’étal embryonnaire, l'homme avait déjà l'intuition de l’art décoratif.
Etant donné que les premières découvertes de restes
humains et d'instruments fabriqués par {l’homme
quaternaire ont été faites en Belgique et en France, les
paléontologistes ont également dénommé les premières phases de son évolution d’après les noms de l’endroit où les fouilles ont été pratiquées. C'est ainsi qu’ils ont distingué trois périodes dans l’âge de la pierre taillée : celle de Saint-Acheul, celle de Moustier et celle de la Madeleine, représentant chacune une des différentes périodes de l’évolution progressive de homme primitif en Europe, les deux premières correspondant à celle du Grand Ours et du Renne, tandis que celle de la Madeleine coïncide déjà avec une culture plus avancée vers la fin de celle du Renne ; car dans la grotte de la Madeleine, en Périgord, on a trouvé des produits céramiques, il est vrai un peu grossiers, tels qu’une géode naturelle ayant servi de vase culinaire et des
vases de terre durcie à l’action du feu. En effet, la
période de la Madeleine appartient déjà à l'époque
néolithique, tandis que celles du grand ours et du
renne font partie de l’époque paléontolithique ; en d’autres termes, elle constitue une période de transition entre l’époque de la Pierre taillée et celle de la Pierre polie. ‘ess
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Si l’on considère qu'il a fallu des siècles pour que le progrès intellectuel se fasse sentir dans une région limitée pendant que la collectivité humaine d’une autre région plus ou moins éloignée de la première restait
ee ÉVOLUTION DE L'HOMME PRÉHISTORIQUE 17.
encore dans un état arriéré, on est forcé de reconnaître qu'il y eut des tribus plus ou moins douées et susceptibles de comprendre la nécessité d'améliorer leurs conditions d'existence, tandis qu'il y en eut d’autres voisines, qui se sont contentées de vivre à l’état sauvage sans sentir le besoin d’ augmenter leur bien-être. En effet la paléontologie admet l’existence de déuxraceshumaines . pendant l’époque de la Pierre taillée : la race Canstadt et la race Cros-Magnon, qui différaient non seulement par leurs facultés mentales mais aussi par leur consti-
__ tution physique. La première, la plus ancienne, se distingue par la grande épaisseur des os du crâne, parle front étroit et aplati, la longueur extraordinaire du diamètre antéro-postérieur et par la proéminence des
arcs supra-orbitaires ; en résumé, les traits prononcés d'une brachiocéphalie. Cette race prédominait en Allemagne encore à l’époque du renne, alors qu’en
France on avait déjà remarqué la race Cros-Magnon,
qui avait appelé l'attention de Mortillet et de Lartet à
cause de la grande capacité et de la longueur du crâne,
l'ampleur du diamètre transversal et le prognathisme de l’arcalvéolaire supérieur, réunissant ainsi quelques traits caractéristiques dela dolichocéphalie sans perdre complètement ceux de la brachiocéphalie.
En effet, c’est à cette race qu'est dû le perfectionnement de l’industrie du silex, de l'os et de l'ivoire ainsi que la connaissance rudimentaire du dessin, de
la gravure et de la sculpture. Toutefois nous tenons à ee
constater que la race Canstadt, bien qu’inférieure en
culture, avait déjà connu l'usage du feu, puisqu'on a
trouvé dans les cavernes de Néanderthal, près de Dus-
seldorf, des restes de charbon de bois à côté de crânes humains. Cependant, les hommes de race Cros-Magnon, par leur supériorité en organisation physique et facultés. intellectuelles, ont fini par s’imposer à la première et par peupler le sud-est de la France, une grande partie de la Belgique et de l'Allemagne ainsi que de l’Angleterre. Elle a non seulement perfectionné les instruments en silex, enos, en bois de renne et en ivoire, mais elle’ s’est également appliquée au perfectionnement de la pêche à mesure qu’elle avançait vers le httoral de la
mer et sur les bords des grands fleuves.
Toutefois il est avéré que les hommes dela race Cros-
Magnon de l'époque quaternaire n'ont pas enterré les
morts de leurs familles ; il n’y a pas de fait authentique qui le confirme. Il semble plutôt que les restes humains découverts dans les grottes proviennent de morts violentes à la suite de la guerre ou de la/chasse, tandis. que ceux qui sont morts à la suite de maladies ou de vieillesse ont été abandonnés dans les champs ou jétés dans les rivières. Les vraies sépultures constatées dans les siècles passés datent de l’époque néolithique. On n'est pas mieux renseigné sur l’état de la domesticité du cheval à l’époque quaternaire, car le fait rapporté par les paléontologistes de la découverte de 40.000 chevaux dans la s/ation de Solutré a donné lieu à une
polémique très vive parmi les naturalistes français ; les uns, représentés par Toussaint, directeur de l'Ecole vétérinaire de Lyon, aflirmaient qu'il s'agissait de chevaux domestiqués par l’homme, tandis que les autres, représentés par André Sanson, directeur de l'Ecole vétérinaire de Toulouse, étaient d’un avis contraire, avec la circonstance que tous les deux ont produit des arguments à l'appui de leur thèse : ; les premiers s’appuyaient sur un fait d'expérience montrant que les animaux tués dans la chasse ont toujours été écartelés par les chasseurs qui en ont emporté les parties charnues, de même que la tête et la colonne vertébrale dont les os ontété fendus pour en extraire le cerveau et la moelle leur servant de nourriture. Or, étant donné que les 40.000 chevaux trouvés dans la station de Solutré ont présenté leurs squelettes complets, il est permis d’en conclure -qu'ils ne provenaient pas d'animaux morts par la chasse. Les partisans de la seconde opinion répondaient que si le cheval avait déjà été domestiqué vers la fin de la période quaternaire, on aurait rencontré également le chien, à côté d’un si grand nombre de solipèdes, car le chien est le premier animal qui a été domestiqué par l’homme, tel qu’on le trouve dans les Vijocken-moeddings du Danemark. Or il n’y en avait point parmi le grand nombre de squelettes de chevaux du Solutré. Il y a encore d’autres arguments fournis de part etd’autre en faveur de leur opinion, que |
nous croyons inutile de reproduire. Il nous suffit de
constater qu’il n'existe pas de fait authentique enfaveur de la domesticité d'un animal avant l'époque de :
Pierre polie. :
La période du renne se prolonge Jusqu'au moment
où survint en Europe une grande catastrophe qui mar-
que la fin de l’époque quaternaire. L'élévation subite
de la température au centre et à l’ouest de l’Europe
dont la cause est encore inconnue, eut pour résultat
la fonte des glaciers et il survint un écoulement violent des eaux torrentielles qui entrainèrent l’écra-
sement des rochers sur lesquels reposaient les épaisses couches des anciens glaciers des Alpes produisant une
boue argileuse, rougeâtre, mêlée aux cailloux et au sable provenant des détritus des montagnes. Ce dépôt argileux appelé le diluvium rouge, est couvert dans les vallées du Rhône et du Rhin d'une couche de limon ou terre à brique appelée par les géologues lehm ou loëss, eten Belgique elle occupe une partie du terrain dont
l'épaisseur varie de 3 à 9 mètres où elle alimente un grand nombre de briqueteries. |
Ce terrain diluvial est le plus récent de tous ceux
qui constituent l’écorce terrestre, représentant la période
géologique contemporaine. Avec elle l’homme est entré dans l’époque de la pierre polie, dénommée également
la période néolithique, qui se caractérise par le polis-
sage des instruments en pierre. L'opération consistait dans l'introduction de l’objet à polir dans une cavité
creusée du polissoir contenant de la poudre de‘zircone
ANS