‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 71 sur 342 · PET NIMES TE RS · texte numérisé non relu

PET NIMES TE RS

tiques religieuses de leurs ancêtres, et étaient disposés à recourir aux moyens les plus violents pour s'opposer à toute réforme. Il en résulta que l’enseignement de Jésus, bien qu'ayant pour but le relèvement de la personnalité humaine, ne trouva d’écho ni dans les classes éclairées ni dans les’ classes inférieures de la société, ni mème parmi ses concitoyens de Galilée, et en voici la raison : les Galiléens manquaient de culture, tant hébraïque que grecque ; la langue qu ils parlaient était un dialecte syriaque mélangé d’hébreu ; d'autre part la langue grecque était mal vue chez eux, son usage étant considéré comme un signe de servilité envers l'étranger.

Quant aux hiérosolymites, leur culture était exclusivement théologique, limitée à l étude de la Bible et de son commentaire, le Talmud,'poussée à des minutiesinsignifiantes et réduite presque exclusivement à des ques-

tions de casuistique avec cette aggravation, que l'âme

des scribes hiérosolymites était orgueilleuse de son savoir théologique, regardant la culture grecque avec le même dédain que les vieux théologiens du moyen âge éprouvait pour la science laïque des classes éclairées de leur époque. |

L'antagonisme entre les hiérosolymites et les Galiléens ne pouvait que peser lourdement sur l’âme délicate

de Jésus, d'autant plus que le manque d'estime que les

hiérosolymites manifestaient à l’égard des Galiléens leur fit considérer comme une chose impossible qu un

fils de cette région pût avoir l'intuition et l’inspiration d’un prophète, Jésus même le comprit ainsi, lorsqu'il disait que « nul n’est prophète en son pays ». C’estce qui le décida à quitter la Galilée et à se rendre à Jérusalem pour attaquer le Pharisaïsme dans ses propres retranchements. |

Il est hors de doute qu'après avoir constaté l'influence profonde que la parole ardente de Jean exerçait sur les masses, Jésus sentit grandir sa confiance en lui-même eten la réalisation de son idéal, d'autant plus que Jérusalem et son milieu ne lui étaient pas inconnus, car depuis son enfance, il y faisait annuellement deux voyages à l’époque des fêtes où tous les israélites de Palestine et des colonies grecques se réunissaient dans la ville sainte pour mettre en commun leurs aspirations nationales et se retremper dans leur idéal religieux symbolisé par le temple. Mais au fur et à mesure que ses idées sur la nécessité d’une rénovation sociale mürissaient et que son esprit se fixait sur l'événement prochain du royaume de Dieu annoncé par Jean, ses visites au temple lui inspiraient une vive antipathie. Il ÿ constatait la mentalité étroite et égoïste des pharisiens et de la caste sacerdotale s’eflorçant de multiplier sans cesse les cérémonies du culte extérieur, lequel, d’après le prophète Isaïe, loin de fortifier les principes religieux et moraux, contribuait plutôt à les affaiblir et à les étouffer même, avec le temps.

Peu à peu, Jérusalem cessa d'être pour Jésus la ville,

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sainte d'autrefois et le centre du judaïsme selon Îles prophètes. De plus, il considérait les fêtes et les pèlerinages comme une grande foire et le temple comme une espèce de bourse de commerce où les marchands étrangers venaient étaler leurs marchandises où l’on vendait des bêtes pour les sacrifices, où l’on trouvait des. tables pour l'échange de la monnaie, et où,dans l'enceinte sacrée même, s'étaient établies des boutiques pour la vente des objets en souvenir du pèlerinage. Jésus était mue exaspéré surtout de la conduite de la caste sacerdotale, laquelle, au lieu d’être la gardienne de la loi, devenait la complice de l'aristocratie incrédule qui s'était formée A autour du temple, vivant de l’autel et s ‘enrichissant aux dépens des croyants de complicité avec l’autorité romaine. 3 | Toutefois, Jésus, étranger et sans prestige dans ces grand centres populaires, n'osa pas rompre brusque- 4 ment avec les milieux hostiles. Bien qu'il préchât sou- | vent dans le temple, sa parole ne trouvait pas d° écho parmi les classes sociales qui trouvaient leur intérêt dans Ja continuation du sfofu quo. | À la suite des difficultés que lui suscitèrent les docteurs du temple à Jérusalem, il retourna en Galilée, accompagné des hommes de son école accrue des disciples de Jean. Son enseignement y eut cette fois plus de succès. Des gens accouraient de tous les coins de lé # Judée pour entendre sa parole annonçant la bonne nouvelle de l'avènement prochain du royaume de Dieu,

que Lui, le fils de l’homme, était chargé par le Père

. céleste d'apporter au monde. Il choisit pour centre de

propagande la petite ville de Capliarnaüm, située Sur les bords du lac de Génézareth. Parmi les groupes d'hommes et de femmes qui s’aflilièrent à lui, il y en

eut un certain nombre qui le prirent pour le Messie lui-

même, De Capharnaüm, Jésus se dirigea vers la colline la plus proche où il prononça le célèbre « sermon sur la montagne », plein de principes moraux empruntés en grande partie au Décalogue et orné de paraboles et d'allégories destinées à rendre son enseignement plus.

saisissant et plus accessible à toutes les intelligences.

Puis il parcourut avec ses disciples plusieurs petites villes de la Galilée, sauf Nazareth, sa ville natale, dont

les habitants et même sa propre famille voyaient d'un

mauvais œilla mission qu il s "était donnée ; car eux qui

l'avaient connu dès sa naissance se à à le.

regarder comme le Messie et le descendant de David.

Selon les évangiles, dans toutes les villes de Galilée qu'il visitait, il opérait des miracles consistant dans la guérison de maladies, soit par la parole soit par l’imposition des mains, ce qui contribua à augmenter son

autorité sur une population naïve, douce, d’une ima gi -

nation vive et qui n’était pas assombrie par le ‘pédantisme des docteurs hiérosolymites. Plus ses auditeurs croyaient en lui et en sa mission messianique, plus Jésus en était convaincu lui-même et avec plus d’en-

thousiasme il poursuivait la réalisation de son idéal.

Jésus se plaisait d'autant plus à Capharnaüm parmi

une population de pêcheurs mesant une vie tranquille |

en harmonie avec la douceur de la nature; qu’il eut la chance d'y rencontrer des familles qui lui offrirent un asile agréable et lui fournirent des disciples dévoués. C’étaient les deux frères Simon (surnommés Céphas et André), pêcheurs de métier ; une autre famille également de pêcheurs était celle de Zébédée. Tous furent des disciples zélés et attachés à la personne de Jésus jusqu'à sa mort. Il y avait aussi à Capharnaüm un certain nombre de femmes qui avaient accueilli Jésus avec empressement et admiration et écouté son enselgnement avec dévotion, non seulement “à cause du

charme extraordinaire de sa personne et de la douceur

de sa parole, mais aussi à-cause de la hauteur de ses

vues et de la profondeur de ses sentiments humanitaires. QIl y en avait quelques-unes qui se distin-

« guaient particulièrement par leur dévouement, telle « que Maria-Magdalena, personne très exaltée, qui lui « fut fidèle jusqu’au Golgotha, et joua le lendemain de « sa mort un rôle très important, ayant été le témoin « principal de la résurrection de Jésus. Après elle, il y « avait Suzanne et Marie Cléophas, sa tante, qui le sui-

« virent Jusqu'au Calvaire. En dehors des familles de

« pêcheurs, il y eut aussi des douaniers, c’est-à dire « des agents chargés de l’encaissement de l'impôt, qui « furent admis dans la société de Jésus, ce qui produi- « sit grand scandale parmi les ee les douaniers

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étaient en effet considérés comme des traîtres à la patrie et mis au ban de la société. Mais Jésus, peu soucieux des préjugés de son temps, répondit : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin. Le fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu », ou encore: « je ne suis’pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. » Il jugeait de même les femmes qui, le cœur plein de larmes et disposées par

leur faute au sentiment d’humilité, étaient plus près

du royaume de Dieu que les natures médiocres qui, faute de tentation, n’ont pas péché. On comprend bien que Jésus à facilité à toutes les personnes d’une vie équivoque les moyens de se réhabiliter et d’entrer dans la bonne voie pour gagner une place dans le royaume de Dieu. C'est ainsi qu’il parcourait la Galilée au milieu d’une fête perpétuelle ; il s’arrêtait dans les bourgs et les grosses fermes, où il recevait une hospitalité empressée. Partout il était l’objet de vénération, surtout de la part des femmes et des enfants qui venaient vers lui et formaient autour de lui une espèce de garde, l’appelant fils de David et Messie, et criant « hosannah ». Jésus les laissait dire sans s'opposer à cet épanchement populaire. Loin de s’en plaindre,il en subissait la suggestion. Ce sont précisément les femmes et les enfants de même que

les pauvres, les humbles et les gens d’une vie équi-

voque, animés de l'espoir de pouvoir se réhabiliter, auxquels Jésus promettait une place dans le royaume

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« du ciel, de préférence aux riches et aux notables « orthodoxes qui ne pratiquaient pas la Due ni (a: « bienveillance envers les pauvres. » # | En eftet, le sermon sur la montagne en est un témoi- “+ gnage éloquent. « Bienheureux, disait le maître, sont les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est. à eux, » « Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu seront consolés. » « Bienheureux ceux qui sont doux” parce qu'ils posséderont la terre. » « Bienheureux ceux qui ont soif et faim de justice, parce qu'ils seront rassasiés. »« Bienheureux ceux qui sont miséricordieux, parce qu'ils obtiendront eux-mêmes miséricorde, » ( Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. » « Bienheureux les pacifiques, parce qu'ilsseront | > appelés enfants de Dieu. » « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le. 51 royaume des cieux est à eux. » | | [1 convient de mentionner que la première condition pour être disciple de Jésus était de réaliser sa fortune et d’en donner le produit aux pauvres. Ceux qui recu= laient devant rene RH u’entraient pas dans la :

lait trouver une place dans le royaume de Dieu devait. : l'acheter au prix de tous ses biens, et pour exalter sa pensée, il ajouta : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer | : ‘dans le royaume de Dieu. »

D'après ce qui précède, il est clair que Jésus, en.

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e sl visait plus loin, Il se proposait d’abord de fonder la

déclarant la guerre aux puissants de la terre, n’avait

pas l'intention de fonder un communisme pour faire partager aux pauvres les biens acquis par les riches : solidarité humaine, ensuite il voulait créer une base pour le spiritualisme pur, selon la doctrine de l'ébio-

nisme d’ après laquelle les pauvres seuls seront sauvés.

Ne rien posséder fut le véritable état évangélique, et

les ordres mendiants et les innombrables sectes du -

moyen âge se sont inspirés des prédications de Jésus. Si telles étaient les intentions de Jésus, ilest clair qu’il

2% rêvait d’un monde idéal, fondé sur le spiritualisme

pur, impossible à réaliser, car en dégageant l’homme des sollicitations de ce monde, On porterait une grave

Se ‘atteinte aux conditions essentielles de l’existence de la

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