LA NAISSANCE DE L’ISLAMISME
En elfet, dans une bataille qui dura trois jours, il réussit à la mettre en déroute et à s'emparer d’un
grand butin. Said, poursuivant ses succès, prit posses- sé sion d'Aira et fonda la ville de Koufah, qui devint le | 5 chef-lieu de la province et le siège du gouvernement. __. Une autre branche de l’armée arabe s'emparait du Golfe Persique et fondait la ville de Bassorah, qui . devint plus tard l’entrepôt du commerce entre l'Inde re et l'Asie occidentale. PRÉNE
ne Dès lors, les Arabes marchèrent de victoire en vie- ‘ de ; toire jusqu’à ce que toute la Perse eût reconnu l’auto- Re : rité des califes. Toutefois, le passage de l'Oxus fut Fe vivement disputé et les Arabes n’occupèrent qu’une faible partie du pays. Par contre, ils furent plus heureux sur les bords de la Mer Caspienne. Mais il leur fallut près de cinquante ans pour soumettre la Perse et la Syrie à ; leur domination (634 à 680).
Ce ralentissement dans la marche envahissante des Musulmans apparut d’une manière encore plus frappante lorsqu’en 681 ils furent chassés nar les Berbères de F. Le Kañrouan en Tunisie, et réduits à se concentrer en deçà dela Tripolitaine. C’est que les guerres conti. nuelles qu’ils avaient soutenues pendant un demi siècle Ces avaient ‘épuisés et avaient diminué les effectifs de leurs armées. é
Les califes, après la conquête définitive de la Perse, de l'Asie Mineure, de la Syrie et de l'Egypte, se rendirent compte de la nécessité de consolider leur œuvre, et d'organiser ces pays sur de nouvelles bases. Les généraux eux-mêmes, fatigués de ces longues guerres, comprirent que pour pouvoir jouir des fruits de la victoire, une ère de paix était indispensable et que pour atteindre ce but illeur faudrait se concilier la bonne volonté des vaincus par des mesures bienveillantes qui faciliteraient la propagation de la religion et de la langue arabes. Toutefois un tel travail d’assimilation exigea des longues années d'efforts persévérants. + Pour atteindre ce but, les califes ne se contentèrent pas de choisir Damas pour capitale de l'empire arabe; |
ils firent de Bagdad un centre d'enseignement des sciences et des arts grecs et choisirent comme auxi-
liaires les savants juifs qui connaissaient à fond les langues grecqueet arabe en même temps que la philosophie grecque, et leur confièrent le soin de traduire
un grand nombre de livres grecs enlangue arabe. C’est FE
ainsi que les savants juifs furent les premiers maîtres
des Arabes. Les califes en profitèrent ensuite pour
semer les germes de la culture grecque dans tous je pays qui se trouvaient sous leur domination. Une fois
LA NAISSANCE DE L'ISLAMISME S ya
les pays organisés et pourvus de centres politiques et
intellectuels, les Arabes recommencèrent à poursuivre,
vers la fin de vrie siècle, leur invasion de l'Afrique. D'abord ïls se dirigèrent vers la Mauritanie et sou-
mirent les Berbères de l'Atlas ; ensuite, ils s’appro- .<hèrent du littoral de la Méditerranée, dont ils ne
tardèrent pas à se rendre maîtres.
Le général Hassan, le vainqueur de la Mauritanie, comprenant la nécessité de gagner la bonne volonté et l'amitié des Berbères du Maroc, affecta à leur égard une grande bienveillance, au point de les laisser faire partie de l’armée sous ses ordres. C’est ainsi que sous le commandement d’un chef berbère nommé Tarik, il prit possession de Ceuta et débarqua avec son armée près d’Algésiras. Les Wisigoths qui dominaient alors en Espagne envoyèrent une grosse armée à leur rencontre sous les ordres du roi Rodrigue qui prit contact avecSennemi dans la plaine de Guadalete près de Jerez, où s'était engagée une bataille très acharnée qui dura
une semaine, Les Arabes, bien qu'inférieurs en nombre,
réussirent à mettre les Wisigoths en déroute complète
-et le roi Rodrigue trouva la mort dans les Eaux du
Guadalquivir. Tarik, pour empêcher les Wisigoths de se réorganiser, les poursuivit en marchant sur Tolède qui ne tarda pas à capituler. En attendant, le chef Moussa envahit l’Estrémadure et prit possession de plusieurs villes d'Andalousie, de manière que presque toute l'Espagne tomba en quelque mois sous la domina-
tion arabe, tandis que les Romains, malgré leurs généraux expérimentés et leurs légions nombreuses, eurent besoin de plusieurs siècles pour dominer les Ibères, ce qui prouve bien que les Goths n'étaient soutenus par
aucune force morale, alors que les Arabes trouvèrent un = concours efficace auprès des indigènesanimés d’un sentiment hostile envers leurs oppresseurs dont ils aspi-
raient à secouer le joug.