LUTTE ENTRE LA THÉOLOGIE
en leur prouvant la fausseté de leurs croyances mêlées de superstitions.
À ce moment-là ,un collaborateur de Strauss, Ludovic
Feuerbach, également disciple de Hegel, prit part à la
lutte, avec cette circonstance qu'ayant été philosophe et non théologien comme son ami, il se montra beaucoup plus radical dans ses opinions religieuses. En 1841, il publia un livre très remarquable sur ’Essence du Christianisme, où il démolit les bases idéalistes et transcendentales de toute théologie. Cependant, ce livre écrit dans un style élevé et dans un langage philosophique n’était pas à la portée de toutes les intelligences et par conséquent il ne produisit pas autant de sensation et de scandale que celui de Strauss écrit dans un style populaire. Toutefois, Feuerbach avait encore écrit un autre livre intitulé Principes de la philosophie de l'avenir,
où il donne un exposé très clair de son système. Il affirme d’abord que les lois de [a nature sont les mêmes
qui régissent l’homme, indépendamment de toute idée métaphysique ; én outre, qu’au fond il n'y a de réel que la nature et l’homme et que nos conceptions religieuses ne sont qu'un produit de nous-mêmes. D’après lui, la réalité, la sensibilité et le monde des sens sont des termes identiques. Où il n’y a pas de sens, il n’y a pas d'êtres ni d’objets réels. Ce n’est que dans la sensation, dans l’amour,que l'individu a une valeur absolue, ce n’est qu'en eux que se trouvent réunis le fini et l'infini. De même que Strauss, il admet que ce n’est pas l’homme individuel-
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