‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 207 sur 853 · ET LA SCIENCE EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ET LA SCIENCE EN ALLEMAGNE

lement mais l'humanité qui a créé Dieu à son image, donnant naissance à une morale humaine basée sur les principes du fuisme (altruisme) qui doit servir de contrepoids à l'effort égoïste qui n’aspire qu’au bonheur personnel. En d'autres tèrmes, il met en face de l'individu la collectivité, en face de l’aspiration au bien-être personnel, l'intérêt de l'espèce.

On voit bien que Feuerbach s’est servi de la dialectique de Hegel pour fonder sa philosophie naturaliste, ayant pour but de réhabiliter les droits de la matière et de rehausser la dignité de la nature et avec elle, celle de la personnalité humaine. Il en résulta, que son Système philosophique ne fut qu'une réaction contre celui de Hegel, qui s’est efforcé de diviniser l’idée et avec elle l'esprit humain aux dépens de la nature et d'établir le principe de l'Etat providence contre les droits de l’individu, tandis que, d’après Feuerbach, l'essence de l’homme se trouve dans l’union intime entre les hommes c’est-à-dire dans l'union du moi et du non-moi ; l'état social doit être considéré comme la cause et la source du bien-être et de la misère des individus.

Voici une phrase de lui,bien célèbre, qui est l’expression graphique de cette pensée : Der Mench ist was er iszt (lhomme est ce qu'il mange). Elle a plutôt un sens socialiste que matérialiste, renfermant l’idée que la misère sociale est la source du crime et de l’immoralité. Il est incontestable que la profondeur des pensées de Feuerbach, le caractère éthique de sa philosophie

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