‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 234 sur 853 · COUSIN MORALISATEUR DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

COUSIN MORALISATEUR DE LA SOCIÉTÉ

principes qui formaient la base de son système éclectique, il faut reconnaître qu’il s’est efforcé de le corriger par la déclaration qu’il fit dans la préface de son dernier livre, où il dit (1): « Je ne suis pas philosophe, & je suis prédicateur. Je n’apporte ni une vue nou- « velle sur la nature des êtres ni sur la méthode des « sciences ; j'apporte une exhortation à la vertu. Ma « philosophie n’est pas une ouvrière de science, elle est « un instrument de la morale. Son but n'est pas de « découvrir le vrai quel qu’il soit, mais de faire des « honnêtes gens, quoi qu'il en coûte ; son caractère «est de subordonner le sens à l’esprit et de tendre, par « tous les moyens que la raison avoue, à élever et à « grandir l’homme. ‘»

Ces paroles dans la bouche de Cousin ne sont nullement en harmonie avec ses vues philosophiques exposées dans ses Leçons en 1828, où il déclare « que le droit de même que le devoir de la philosophie est, sous la réserve du plus profond respect pour les formes religieuses, de ne riea comprendre, de ne rien admettre que ce qui ést vrai en soi et sous la forme de l’idée ». C’est bien reconnaître la souveraineté de la philosophie et son indépendance de la religion. D'autre part, il faut tenir compte de l'esprit réactionnaire qui prédominait en France sous le régime de la Restauration, lorsque Cousin commença son enseignement, qu’il

1. Les Philosophes classiques du XIX* siècle en France, par H. Taine 9° édition, p. 144.

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