VIE ET ŒUVRE DE STUART MILLE
est l’unique fondement de sa psychologie et de sa logique. Toutefois, il est incontestable que Mill, malgré ses attaches positivistes, et malgré son culte pour l'expérience, n’a pas pu se détacher de l’ancienne école sensualiste anglaise.Stuart Milk écriten 1840 (1) : « Tout Anglais d'aujourd'hui est implicitement ou benthamaite ou coleridgien, c’est-à-dire qu'il n’y a que deux opinions sur les affaires humaines, soit celle de Bentham, soit celle de Coleridge ». Il paraît que Coleridge, distingué poète anglais, a propagé en Angleterre les théoiles principales du romantisme germanique, d’après lesquelles la nature et la société sont le produit d'une activité inconsciente, d’une force mystérieuse analogue à celle de la vie ; ce ne sont pas des mécanismes, mais des organismes, c’est-à-dire un ensemble de rapports dynamiques qui se développent du dedans au dehors, qui évoluent par l’action d’un principe de vie intérieure et inconsciente. Cette évolution qui est la vie de l'univers et de la société tend à la fois vers une coordination harmonique toujours plus parfaite des parties de l’ensemble vivant. Mais, comme doctrine conservatrice et religieuse, l’école romantique glorifie la puissance irréfléchie de la coutume et cherche dans la foi traditionnelle l’œuvre spontanée des sentiments, la plus sûre garantie de la stabilité des groupements humains.
A l'encontre de la doctrine germano-coleridgienne, les benthamites (2) représentaient une école de réfor-
1. Dissertalions et discussions, I, p. 377-378. |. 2. Evolutionisme et Platonisme, par René Berthelot, p. 4y.
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