MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE EN IRLANDE
testants, qui avaient accaparé toutes les propriétés du pays, en sorte qu'un indigène ne pouvait posséder des biens fonds. Comme les Irlandais expropriés s’opposaient résolument aux maîtres nouveaux des terres, ceux-ci les louaient à d’autres et s’en allaient ailleurs. Il ne resta aux vaincus d’autre moyen de subsistance que de labourer les terres comme colons ou ouvriers ou d’émigrer en Amérique. En même temps le peuple restait sans instruction par manque d'écoles. En 1822 il y avait en Irlande 2 millions de pauvres sur 7 millions d'habitants dont 5.750.000 étaient catholiques et sur 18.000 acres de terres, deux onzièmes seulement
appartenaient au peuple catholique. La plupart des
pauvres avaient à peine de quoi se nourrir. Leur aliment principal consistait en pommes de terre de qualité inférieure. Le parlement irlandais eut beau protester contre un tel état de choses, Pitt le supprima aussitôt sous prétexte qu'il compromettait l’ordre public et nomma Castelreagh secrétaire général de lIrlande, lequel réprima avec vigueur et inflexibilité les mouvements révolutionnaires qui venaient d’éclater, sollicités d’après lui par les agents de la révolution française.
Ceci toutefois n’empêchait pas l’organisation de bandes armées ; au contraire, les arrestations ne faisaient qu'intensifier la résistance. Les Irlandais désespérés des mesures draconiennes du gouvernement, finirent par avoir recours aux moyens légaux pour influencer l'opinion publique, tels que la presse démo-
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cratique, les associations, et les pétitions. Il se forma une association catholique ayant pour chef l'avocat O'Connel, un des hommes les plus extraordinaires de son époque, déclamateur bruyant, agitateur infatigable, tout à la fois rustique et courtisan, capable d’assister dans une même journée aux élections dans les localités les plus éloignées. Raïsonneur et épris d’idéalil soulevait et maïitrisait les passions populaires. Il parlait, écrivait etimprimait avec la même fougue et entrainait à sa suite une centaine de mille d’auditeurs. Il possédait en même temps l’art de mesurer avec sangfroid ses paroles et ses pensées sans compromettre le peu- d'indépendance qui restait à son pays. Sous sa direction l'association catholique acquit la force morale nécessaire pour une propagande active ; elle scruta tous les actes du gouvernement britannique non seulement par rapport à l'Irlande mais aussi en ce qui concernait le reste de l'Angleterre ;
) choses n'allaient pas mieux. La crise industrielle et la
car en Angleterre même, les
misère parmi les classes ouvrières avaient pris une grande extension surtout parmi les mineurs et les tisserands à la suite de la baisse des salaires et du chômage. Les radicaux organisèrent un meeting monstre à Manchester et préparèrent une pétition de réforme électorale. O'Connel profita de cette situation économique déplorable du pays pour demander non seulement l’émancipation des catholiques, mais aussi la séparation des deux pays et le rappel de l’Union.L’asso- Il 20