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INFLUENCE DE L'ÉTATISME PRUSSIEN

lement désormais de tout exposé public concernant la religion (1). Kant s’est également efforcé d’atténuer l'impression troublante produite par son premier livre : La Critique de la Raison pure dans les classes croyantes, en publiant un second livre intitulé : La Cri-

tique de la Raison pratique où il s’efforce de démon-

trer, au nom de la morale et du bonheur humain l’existence de Dieu, l'immortalité de l’âme et le libre arbitre.

Ces faits, sur lesquels nous aurons l’occasion de reve-

nir au cours de ce travail, prouvent d'une manière incontestable, que ïe gouvernement prussien avait déjà exercé son influence sur la mentalité allemande dans la seconde moitié du xvin* siècle. Là se pose la question suivante : Par quels moyens la Prusse est-elle arrivée à imposer sa volonté à toutes les sphères sociales de l’Allemagne, tant dans l’ordre économique

et politique que dans l’ordre intellectuel et religieux ?

Pour répondre d’une manière satisfaisante à cette question, il est nécessaire de remonter le cours de l’histoire et de nous éclairer sur les faits qui ont accompagné les

différentes phases d'évolution qu'a parcourues la Prusse depuis le xvme siècle jusqu’à devenir de nos jours, une

grande puissance directrice des destinées de lAllemagne. Dans ce but nous allons donner un bref aperçu

de l’évolution de ce petit peuple d’origine slave confiné

à ses débuts à une région restreinte de la Mer Baltique, renfermée entre la Pologne et la Suède. 1. Kant, Der Streit der Fakultæten, 1798, = Band, Vorrede, p. 6 et 10.

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/ La SUR LA MENTALITÉ DES PENSEURS ALLEMANDS 333

D’après les données historiques les plus authentiques c'étaient les chevaliers teutoniques, qui après avoir pris une part active dans les croisades, à leur retour de l'Orient, s’établirent dans Ja région de la Vistule pour y propager le christianisme. Ils y fondèrent alors plusieurs villes prussiennes et étendirent leur pouvoir à plusieurs provinces. C’est ainsi que l’ordre teutonique reçut l'investiture du Saint Siège. La Pologne voyant d’un mauvais œil les progrès constants de ses voisins protégés par le pape, leur fit la guerre. Les chevaliers

teutoniques s'étant empressés de faire {a paix avec la

Pologne, décidèrent alors d’élire leur grand maître par-

mi les maisons souveraines de l'Allemagne, ce qui eut pour résultat d'amener le parti régnant à adhérer à la

Réforme et à reconnaître pour chef Albert de Branden-

bourg, dont le successeur Sigismond fut électeur de

l’Empire et possesseur en outre du duché de la Prusse orientale. Après sa mort et celle de son fils Georges Guillaume, le pouvoir passa aux mains de Frédéric Guillaume, le grand électeur et le vrai fondateur de la Prusse.

Dès son avènement au pouvoir 1l s’efforça de conclure avec la Suède un armistice de vingt ans. Profitant de la bonne entente entre les deux pays, Frédéric Guillaume s’unit avec la Suède contre la Pologne, laquelle, ayant été vaincue, reconnut la souveraineté et l’indépendance de la Prusse. Son fils Frédéric III profita de la circonstance que l'Empereur d'Allemagne en

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