‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 283 sur 853 · GRACE À LA RÉVOLUTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

GRACE À LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

tige de leurs penseurs et de leurs écrivains les plus distingués, tels que Kant, Schillér, Gœthe et Lessing, qui n’ont pas manqué de rendre hommage aux conquêtes morales, sociales et politiques de la Révolution française.

Le fait qui mérite surtout d'appeler l’attention est que Frédéric II de Prusse, homme doué d'intelligence et admirateur des écrivains français, et en plus très au courant des œuvres des encyclopédistes, incarnait le despotisme politique au plus haut degré, ne tolérait d’autre opinion que la sienne et se croyait avoir le droit de disposer des biens et des corps de ses sujets, ne connaissant d’autre loi que la force et n’hésitant pas à mettre la force au service de l'Etat lorsqu'il jugeait qu’il était de son intérêt de violer le droit des peuples voisins. Il se servait habituellement du nom de l'Etat pour en revêtir son pouvoir royal. En échange, Frédéric II avait des idées assez larges en matière religieuse et accordait à la presse toute liberté de s’exprimer à sa guise, mais il n’a jamais permis à un écrivain de tou cher à ses prétendus droits de roi absolu sous peine d'emprisonnement dans la forteresse de Spandau.

A la suite des victoires de l’armée française sur la Prusse en 1806, Napoléon détruisit la souveraineté divine des rois en même temps qu'il substituait à la notion de l'Etat-providence absorbant tous les droits des citoyens, celle de l'Etat purement humain et laïque, basé sur le contrat social, ne demandant pas compte

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