APRÈS L'ÉCHEC DU PARLEMENT DE FRANCFORT
d'établir un régime libéral en Allemagne, profita du désaccord existant entre les membres du Parlement de Francfort et de l’insuccès de ses efforts en vue de fonder l'unité nationale sous l'égide de la Prusse (1842), pour imposer de nouveau à l’Allemagne l’ancien régime féodal et autocratique. À cette occasion, le roi de Prusse se vanta même, pour justifier cet acte brutal, d'avoir réussi à nettoyer la Constitution allemande de la souillure démocratique qui s’y élait infiltrée pendant l’année de la honte sous le gouvernement libéral. I] poussa même le cynisme jusqu’au point de supprimer les droits du citoyen votés par le Parlement et de les remplacer par des décrets et ordonnances de police au préjudice du peuple allemand.
On nomma à Berlin un préfet de police avec des pouvoirs illimités et on ordonna aux tribunaux de poursuivre tous ceux qui étaient suspects de libéralisme. De même, on diminua de plus en plus l'autonomie municipale dans toutes les communes de l’Empire et on renforça l'influence de la noblesse dans l'administration civile. Les défenseurs de l’absolutisme, de la féodalité et du cléricalisme rivalisaient entre eux pour mettre à leur service les pouvoirs de la bureaucratie, et si avant l’année 1848, la Prusse, comme partie intégrante de la Confédération germanique, recevait le mot d'ordre de Vienne, vrai siège de l'empereur d'Allemagne, elle agira désormais pour son propre compte, ayant conçu le projet de se soustraire graduellement à l'influence de