DONNE NAISSANCE À L'UNITÉ NATIONALE ITALIENNE
léon, pour calmer les esprits mécontents, crut mieux faire en faisant publier une brochure semi-officielle dans laquelle il conseillait au pape de limiter le patrimoine de Saint-Pierre, à Rome et ses environs. Le pape ne tarda pas à manifester à l’empereur son mécontentement en des termes peu respectueux. D'autre part le chef de la Ligue, Farini fit paraître un manifeste dans lequel il dénommait les anciens duchés de Parme, de Modène et Romagne, les provinces royales d'Emilie pour faire connaître au pays la volonté et la décision du gouvernement d’annexer ces provinces au royaume d'Italie, et afin de donner une sanction officielle à cette décision, le roi appela Cavour à former un ministère national dans lequel figurèrent les hommes les plus connus de toutes les provinces d'Italie. Le 12 mars, ce même gouvernement sur les conseils de Napoléon, eut recours à un plébiscite dans ces nouvelles provinces, qui se déclarérent à une grande majorité favorables à leur union avec le royaume de Sardaigne. Le 2 mars, Victor: Emmanuel avait signé avec Napoléon un traité par lequel il cédait à la France la Savoie et le Comté de Nice à condition que ce traité fût sanctionné ensuite par un plébiseite, En effet, le plébiscite eut lieu le 22 avril et le 29 mai, ii fut approuvé par un vote du Parlement italien réuni à Turin par 229 voix contre 56.
Après la conquête pacifique de l’Italie centrale, l’idée de lunité nationale sous le drapeau de Victor-Emmanuel gagnait tous les jours plus de terrain. Il s'agissait
ÆÏ% LE TRIOMPHE DE L'ARMÉE DE GARIBALDI d’abord de gagner le royaume de Naples aux idées libérales du nouveau régime. Le Roi de Naples était à l'époque François Il qui avait succédé à son père Ferdinand IT à la mort de ce dernier, survenue en 1859. François II avait été élevé à l'école de son père, qui, après avoir accordé une Constitution à son peuple en 1848, renvoya les nouvelles Chambres, abolit le régime constitutionnel, lança les troupes sur la foule et gouverna pendant dix ans, par la terreur et la cruauté. Son fils, François IT, continua à pratiquer pendant un an le même régime d’absolutisme féroce que son père, maïs le mouvement révolutionnaire qui venait de se produire en Italie ne tarda pas à gagner le royaume des Deux- Siciles. En effet, des comités secrets s'étaient formés tant à Palerme qu'à Messine et à Naples, qui finirent par donner lieu à des démonstrations publiques. Ce mouvement intérieur fut bientôt suivi d'un mouvement révolutionnaire extérieur initié par un homme très populaire, Garibaldi, qui, ayant enrôlé des milliers de volontaires s’embarqua avec eux à Gênes et se rendit à Marsala. sur la côte occidentale de Sicile où ils ne tardèrent pas à recruter de nombreux adhérents. Garibaldi après avoir réuni un certain nombre de troupes aguerries, entreprit une campagne contre les troupes royales envoyées contre lui, et les ayant battues, 1l entra victorieusement à Palerme le 27 mai. Le roi de Naples effrayé du suceès de Garibaldi forma un ministère libéral et promit une nouvelle Constitution; le roi Victor-