L'AFFAIÎIRE DREYFUS
par le service d'espionnage allemand. C'était le bureau des renseignements au ministère de la Guerre qui était chargé de ce service. Il avait à ses ordres une femme connue sous {e nom de Mme Bastian, dont l'emploi consistait à recueillir les papiers déchirés et jetés ensuite dans un panier placé près de la cheminée du bureau de l'ambassadeur allemand et de les mettre tous dans un sac, qu’elle portait chaque semaine au bureau des renseignements où ils étaient examinés, réunis et recollés. Grâce à ce moyen on réussit d’abord à découvrir que l’attaché militaire allemand à l'Ambassade de Paris nommé Schwarzkoppen avait reçu en 1892 un document contenant des renseignements sur les fortifications de Nice. Par hasard, ce document contenait les mots : «la canaille de D... Plus tard on découvrit un autre papier représentant une lettre rédigée par Schwarzkoppen à Panizzardi, attaché militaire italien lui annonçant avoir trouvé une personne qui lui avait promis des documents provenant du ministère de la Guerre.
Pendant l’été de 1894 le bureau des renseignements eut connaissance d'une lettre anonyme connue plus tard sous le nom de Pordereau qui était adressée par un agent français au chef du bureau de lambassade allemande. Ce document était écrit sur papier pelure transparent, et déchiré en deux morceaux. D’après la version officielle la dite lettre était arrivée au bureau des renseignements français par la voie ordinaire, à savoir, par l'intermédiaire de Mme Bastian, mais plus