AUTEUR DU RORDEREAU ORDONNA UNE ENQUÊTE
Bien que ce rêve ne tardât pas à s'évanouir après l'échec du gouvernement du duc de Broglie sous la présidence de Mac-Mahon, la semence jetée dans le pays par l’Empire et les classes dirigeantes durant les premières années de la République a porté ses fruits, car qu'un grand nombre des hommes chargés de la haute direction de la politique et de l’armée ont été élèves des écoles des Jésuites, lesquels s’inquiétaient de voir le nombre toujours croissant d’élèves juifs qui entraient annuellement à l’école de Saint-Cyr et à l’école Polytechnique et sortaient ensuite comme officiers de l’armée, faisant ainsi concurrence à leurs élèves. Ils ont bien compris l’importance que cela aurait pour leur cause si le crime imputé à Dreyfus devenait une vérité légale par suite du jugement d’un conseil de guerre, car personne en France n’oserait admettre qu'un conseil de guerre français fût capable de condamner un officier sans des preuves positives de sa culpabilité.
Dreyfus eut beau protester publiquement de son innocence, seuls sa famille et quelques amis ajoutèrent foi à ses manifestations. Cependant les légistes et tous les hommes de bonne foi protestèrent contre son arrestation, tenue secrète pour sa famille et contre l’instruction judiciaire et le jugement rendu à huis clos sous prétexte de secrets d'Etat. Malgré la déclaration officielle du Comte de Munster, Ambassadeur d’Allemagne. à Paris, affirmant que le nom de Dreyfus était