‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 406 sur 853 · PAR UN CONSEIL DE GUERRE · texte numérisé non relu

PAR UN CONSEIL DE GUERRE

Heureusement, le hasard s’est chargé de donner un démenti au jugement du conseil de guerre. Quelque temps après la condamnation de Dreyfus, le colonel Sandherr fut frappé de paralysie générale et fut remplacé comme chef:du bureau des renseignements par le colonel Picquart. D'autre part, le commandant Henry, absorbé par une longue maladie de sa mère avait complètement négligé les affaires du bureau. C'était Picquart qui s’en occupait avec le plus grand intérêt. Le capitaine Lauth chargé de recevoir et d'examiner le sac des papiers recueillis par Mme Bastian fut frappé d'y trouver un petit-bleu (Carte télégramme), déchiré en

‘cinquante fragments. Il le reconstitua, le colla et en

prit connaissance, puis il le rapporta tout émotionné à son chef Picquart. En voici le contenu : « Au Com-

-« mandant Esterhazy 21 rue de la Bienfaisance. J’at-

« tendais avant tout un rapport plus détaillé que celui « que vous m avez envoyé dernièrement sur le sujet en « question. Par conséquent je vous prie de me le re- « mettre par écrit, pour que je sois en mesure de juger

«sije dois continuer mes relations avec tel. » Signé C.

Picquart ne doutait pas que l’auteur du petit bleu füt le colonel Schwarzkoppen, car le bureau était en possession d'un autre document de lui, signé de la même initiale GC. Lauth au moment de remettre le petit bleu à Picquart ne put s'empêcher d’exclamer : « Serait-il possible qu'il y eût encore un autre traître. Cela serait

terrible ! » Picquart bien qu’il fût sous l’impression

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