‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 413 sur 853 · ÉMILE ZOLA ACCUSA LES MINISTRES DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

ÉMILE ZOLA ACCUSA LES MINISTRES DE LA GUERRE

autre côté Billot, ministre de la Guerre, proclama à la Chambre des députés, jJurant sur sa conscience et sur son âme, que c'était Dreyfus qui était le traître. Cela n’empêcha pas la presse politique de se diviser en dreyfusards et antidreyfusards, les premiers attaquant et les derhiers défendant la conduite du gouvernement, En somme, le nombre des défenseurs de la justice et de la cause du condamné gagnait du terrain de jour eu jour. C’étaient des hommes de grande valeur morale et intellectuelle qui levaient la tête pour demander la révision du procès. Celui qui s’est distingué le plus par son courage civique et la dureté de son langage fut le célèbre romancier Emile Zola, par ses lettres à la Jeunesse, à la France, au Sénat, au Jury et au Président de la République M. Félix Faure. Cette dernière fut la plus sensationnelle. Nous allons en reproduire les dernières phrases que voici : « Monsieur le Président, « J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir «été l’ouvrier diabolique de l'erreur judiciaire, un « inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu « son œuvre néfaste depuis trois ans par des machina- « tions les plus saugrenues et les plus coupables. J'accuse « le général Mercier de s’être rendu complice, tout au « moins par faiblesse d’esprit, d'une des plus grandes « iniquités du siècle. J’accuse le général Billot d'avoir « eu entre les mains les preuves certaines de l’inno- « cence de Dreyfus et de les avoir étouflées, de s’être « rendu coupable du crime de lèse-humanité et de lèse.

Page 1