‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 426 sur 853 · DE DREYFUS ET LA CULPABILITÉ D'ESTERHAZY · texte numérisé non relu

DE DREYFUS ET LA CULPABILITÉ D'ESTERHAZY

rendu sourds les dispensateurs de la justice à la voix de la vérité.

Le résultat immédiat de la divulgation des procédés d'investigation du tribunal sunrème fut l’effondrement des prétendues preuves de la culpabilité de Dreyfus que le dossier secret était censé contenir. Les chefs de l’Etat-Major, Cavaignac, Roger et Cuignet qui s’efforçaient de prouver que le dossier secret ne pouvait se référer qu’à Dreyfus, furent obligés de reconnaître leur erreur lorsque les experts en écriture nommés par la Chambre criminelle de cassation furent unanimes à l’attribuer à Esterhazy et que Charavay, l’un des experts qui avait déclaré en 1894 que l'écriture du bordereau était de Dreyfus se rétracta lorsqu'on mit devant ses yeux la véritable écriture d'Esterhazy, dont deux lettres, reconnues authentiques par lui étaientécrites sur du papier pelure de même que le bordereau, tandis que toutes les recherches faites par une commission pour découvrir un tel papier chez Dreyfus étaiént demeurées stériles. En résumé, la Cour de cassation, toutes chambres réunies, confirma le résultat de l’enquête de la Chambre criminelle et le président de la Chambre civile lut le rapport en public, déclarant que le bordereau étaitl’œuvre d’'Esterhazy,et que par conséquent Dreyfus était innocent. Manau, le procureur général, de son côté, appuya ce fait par un autre fait nouveau, savoir, le faux d'Henry avoué par lui-même. Alors la Cour, après avoir entendu le brillant discours de M° Mornat, avocat

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