CEPENDANT LA COUR RENVOYA DREYFUS
de la famille Dreyfus, se retira pour délibérer et revint avec un verdict d'annulation de la sentence du conseil de guerre de 1894.
= Pour donner au tribunal militaire l’occasion de reconnaître son erreur judiciaire la Cour demanda que Dreyfus fût jugé à nouveau par un autre conseil de guerre à Rennes. Cet excès de délicatesse a fait beaucoup de tort à la cause sacrée de la justice ; d’abord c'était un manque de logique ; car à quoi bon un nouveau jugement s'il n'existait plus de motifs d'accusation contre Dreyfus ? les documents ayant servi de base à la condamnation avaient été reconnus en partie faux et en partie inapplicables à Dreyfus ; d’autre part un nouveau Jugement après une enquête laborieuse favorable à l'accusé donnerait lieu à croire que les juges euxmêmes avaient douté de l'intégrité de l'enquête. En effet, le temps ne tarda pas à donner raison au proverbe latin qui dit : sub armis silent leges (sous le règne des armes les lois se taisent). En attendant,le jugement de la Cour de cassation eut pour résultat immédiat qu’ordre fut donné au croiseur S/ax de se rendre à l'ile du Diable pour ramener Dreyfus à Rennes ; et que d’autre part le ministère Dupuy-Freycinet donna sa démission et fut remplacé par un ministère présidé par Waldeck-Rousseau avec le général Gallifet comme ministre de la Guerre. | ; |
Le procès de Rennes eut lieu aussitôt après le retour de Dreyfus, le 7 août 4898. Le tribunal se composait