ET DÉCRÉTA UNE AMNISTIE GÉNÉRALE
serait pas d'employer tous ses efforts pour obtenir sa réhabilitation et sa réintégration dans l’armée.
C’est ainsi que Dreyfus et ses défenseurs firent de grands efforts pour découvrir un fait nouveau qui leur permit de rouvrir le procès. Quant à Waldeck-Rousseau, il estimait que la claire intelligence française, ayant été obscurcie par le déchainement des passions, il ne suffirait pas d’uù fait nouveau pour que l’affaire püt être utilement et définitivement jugée ; il faudrait en outre que la nouvelle révision s’engageât dans une atmosphère épurée, dans le calme et le silence. Or, c’est seulement avec le temps que le calme pourrait renaître et que s’éteindrait l'esprit de vengeance, surtout lorsque les coupables couverts par l’amnistie, n’auraient plus d'intérêt personnel à faire maintenir là condamnation d'un inno-. cent. C’est alors seulement que la vérité et la justice pourraient sortir victorieuses en dépit de tous les obstacles mis en avant par le militarisme associé au cléricalisme. Il faut tenir présent à Pesprit, dit-il, que
le cas de Dreyfus n’a pas seulement divisé la France en ancienne et nouvelle France, traditionnelle l’une et progressiste l’autre, mais il a divisé également le parti républicain, dont un grand nombre était loin d’être convaincu de l'innocence de Dreyfus, même après que celui-ci eût obtenu la grâce. L’amnistie s'était done imposée au parti républicain contre le mouvement revisionniste pour favoriser l’œuvre de sa réconciliation, d'autant plus qu’il y a beaueoup de républicains mo-