LE GOUVERNEMENT GRACIA DREYFUS
atténuantes et en recommandant Dreyfus à l’indulsence du gouvernement.
Le gouvernement, qui comptait sur l’acquittement, était d'autant plus perplexe sur la conduite à observer qu'il ne comprenait pas qu'il püt y avoir des circonstances atténuantes dans un cas de trahison envers la patrie; finalement, après une longue discussion, les membres du gouvernement se mirent d'accord pour décider de faire gracier Dreylus et pour proposer aux Chambres une amnistie générale en faveur des personnes compromises dans les divers procès pour des faits connexes à l'affaire Dreyfus et l'extinction des actions pénales et civiles y relatives. Waldeck-
Rousseau se rendit compte qu'après cette nouvelle fail-
lite de la justice militaire ïl n’y avait plus aucun moyen eflicace pour mettre un terme à la crise violente
qui déchirait le pays depuis cinq ans, d'autant plus
qu'il craignait que Gallifet ne quittät le ministère plutôt que de consentir à ce qu’il füt intenté un procès à l’ancien Etat-Major. Cependant les victimes du crime des officiers étaient plus que jamais assoiffées de justice. Ni Zola, ni Picquart ne voulaient accepter l’amnistie qui couvrirait simultanément le criminel et l’innocent. Quant à Dreyfus, bien que la grâce lui eût rendu la liberté du corps et de l'esprit, il se sentait légalement déshonoré, ayant été expulsé de l’armée ; il écrivit done une lettre au Président de la République dans laquelle il protestait de son innocence en ajoutant qu’il ne ces-
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