‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 443 sur 853 · DREYFUS RÉINTÉGRÉ DANS L'ARMÉE · texte numérisé non relu

DREYFUS RÉINTÉGRÉ DANS L'ARMÉE

contre Dreyfus, ainsi que le faux témoignage de Cernusky, la lettre ou note de l’empereur d'Allemagne et les élucubrations de Bertillon, et après avoir démontré leur inanité, ils conclurent à l'innocence de Dreyfus et à la culpabilité d’Esterhazy. Quant au général Mercier qu'avait déclaré à un banquet de la Patrie française : « lorsque le moment sera venu de parler, les paroles qui doivent être dites Je les dirai, j'en prends l’engagement »,il ne trouva rien à dire au moment critique, lorsque Baudouin par deux fois lui dit que : « sans

‘l’amnistie, sa place serait au bagne. »

Ses partisans, qui avaient cru aveuglement en lui, en

la parole d’un soldat auquel ils attribuaient les qualités

d’un grand chef, mais auquel manquaïient malheureusement l'honnêteté et l'amour de la vérité et de la justice, étaient consternés devant son silence et son manquement à la parole donnée. Beaucoup de bons catholiques virent avec angoisse qu’un vieux soldat, chef de l’armée et catholique, avait fait condamner sciemment un innocent et qu’à diverses reprises 1l s'était parjuré

devant le Christ. La France trompée et abusée regar-

dait avec dédain Mercier qui se taisait et se résignait à voir Dreyfus, le juif, le traître, réintégré dans l'armée par décision unanime de la Cour de cassation toutes Chambres réunies.

Parmi les défenseurs de Dreyfus le seul ayant touché du doigt la vraie cause du procès, était son avocat M: Mornard, quidéclara hautement: «L’accusation même

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