SYSTÈME PHILOSOPHIQUE DE SCHOPENHAUER
nature à s’objectiver dans la conscience. Or, l’homme dans son vouloir incessant ne demeure jamais satisfait, car toute demande est un manque de satisfaction et la satisfaction même de ses désirs n’est qu'une illusion qui ne tarde pas à s’évanouir devant une nouvelle aspiration et avec la cessation complète de tout effort, arrive l'ennui. C’est ainsi que l’existence humaine oscille entre l'effort et l'ennui. D’autre part la misère de la vie étant en rapport étroit avec la nature de la volonté, s'accroît en raison directe de la conscience ou de l'intelligence ; il en résulte que plus l’homme est intelligent, plus profonde est sa souffrance. Par conséquent, la vie n’est qu'un vouloir constant, toujours souffrir et toujours lutter, puis mourir et ainsi de suite, «in sæcula sæculorum », jusqu’à ce que la croûte de notre planète s’effrite en tout petits morceaux. D’après Schopenhauer il faut chercher le salut dans le Nirvana et atteindre la liberté par la justice et la pitié universelle. Tuez enfin, non ce corps mortel, mais la volonté qui l'anime et le condamne à la douleur sans merci. Bien entendu, cette lutte sans merci ne se limite pas à l'homme, elle se trouve également chez tous les êtres organiques. Le mouvement incessant de la vie veut que tous les êtres se combattent entre eux pour conserver leur existence aux dépens de leurs semblables, Schopenhauer se demande à la fin, puisque l'affirmation de la volonté de vivre conduit à la misère, quel serait le moyen de s’y soustraire ? 11 en indique deux, le