DES INTRIGUES DE L'EMPEREUR GUILLAUME
magne manquait de colonies avancées en culture et capables de consommer ses produits industriels. Alors Guillaume II se servit de l’accord conclu entre la France et l'Angleterre selon lequel la France cédait à celle-ci tous ses droits acquis en Egypte, tandis que l’Angleterre lui cédait les droits qu’elle présumait avoir au Maroc, comme prétexte pour faire son fameux voyage à Tanger, où 1l protesta publiquement dans une harangue adressée aux notables de la ville et. aux autorités contre le protectorat français, allant même jusqu'à promettre aide et assistance au sultan pour résister aux prétentions de la France. À la suite de cet incident les rapports entre les deux gouvernements devinrent assez tendus. Néanmoins le gouvernement français s’efforçait de négocier avec l'Allemagne pour arriver à conclure un arrangement raisonnable. L'empereur de son côté, tout en protestant de ses sentiments pacifistes, proposa de Convoquer une conférence internationale à Algésiras, croyant pouvoir compter sur le bon vouloir des puissances qui avaient des intérêts au Maroc. La France y consentit, bien qu’à contre cœur. En attendant, le gouvernement impérial fit exercer une grande pression par ses diplomates accrédités auprès des gouvernements qui devaient être représentés à la Conférence pour les-faire pencher en sa faveur. Mais à cette occasion-là l'Allemagne éprouva une bien cruelle déception, car presque tous les délégués, même celui de l'Italie, alliée de l'Allemagne reconnurent le
droit qu'avait la France de maintenir un régime d'équité au Maroc, pays voisin de l’Algérie. Alors le délégué de l’Autriche intervint pour interpréter de son mieux les prétentions de l’Allemagne, savoir : en premier lieu, le système de la porte ouverte avec égalité de droits d'entrée sur les produits importés de tous, puis, la reconnaissance à la France et à l'Espagne <omme pays voisins du droit d'exercer la police et de maintenir l’ordre dans les ports marocains en assignant à chacun d’eux un rayon d'influence distinct, ce qui fut accepté par un accord unanime.
= Cependant, écrit avec beaucoup de raison le baron Bayens, dernier ambassadeur de Belgique à Berlin, dans son ouvrage / Allemagne avant la querre (p. 222). « Que l'enfant mis au monde laborieusement par la «conférence d’Algésiras! n’était pas né viable. Pour «imposer le respect de l’ordre et le goût de la civilisa- « tion aux tribus maures et kabyles d'une sauvagerie « invétérée, réprimer l’anarchie, établir une sécurité « inconnue, construire des ports et créer des voies fer- « rées et des routes, il fallait qu’une puissance militaire « telle que la France eût reçu le mandat d'agir seule à « son gré, sans rencontrer l'hostilité plus ou moins ou- « verte et toujours en éveil des consuls d'Allemagne, « et sans se butter aux intrigues des sujets et des pro- «tégés allemands. » De plus, l’Allemagne conspirait secrètement contre le Sultan Abdul Aziz et souleva gontre lui les tribus dans la zone française, au pointque