‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 467 sur 853 · DES INTRIGUES DE L'EMPEREUR GUILLAUME · texte numérisé non relu

DES INTRIGUES DE L'EMPEREUR GUILLAUME

les troupes françaises furent forcées de disperser les insurgés à coups de canon. C'est également aux excitations des agents allemands qu’est dû le guet-apens de Casablanca ainsi que l’occupation de la Chaouia et les arrestations des déserteurs allemands de la légion étrangère qui faillit dégénérer en conflit.

Cependant malgré les intrigues et la conspiration secrète du gouvernement impérial les troupes françaises réussirent à rétablir l’ordre au Maroc et à y introduire les germes de la civilisation, le commerce commençant à y prospérer, de même que l’agriculture, Alors, le gouvernement impérial se rendit compte de la véritable situation et comprit qu'il était de son intérêt de s’accommoder de la prépondérance de l'influence française au Marocet de s'appuyer sur elle pour assurer le développement de son commerce et de son industrie dans le pays. À cet effet M. Kiderlen-Waechter, ministre par intérim des Affaires étrangères, déclarait à M.Cambon, ambassadeur français à Berlin, le 9 février 1909, que le gouvernement impérial ne poursuivait au Maroc que des intérêts économiques et reconnaissait les intérêts politiques particuliers de la France, qui étaient intimement liés à la conservation de l’ordre et de la paix intérieure. En conséquence, il s'engageait à chercher avec le gouvernement de la République, l’établissement d’un accord ayant pour but de ne pas entraver les intérêts commerciaux et industriels allemands, et d'associer leurs nationaux dans les affaires du pays.

Malheureusement, cette proposition allemande d'un essai d'entente au Maroc ne devait pas aboutir. Une coopération franco-allemande franche et loyale était une simple chimère ; car d’un côté l’opinion publique

en France de même que celle du‘ parlement étaient en

grande partie hostiles à toute association qui aurait paru une concession faite à la mauvaise foi du gouvernement allemand; d’un autre côté, la presse germanique n'avait pas désarmé, les journaux pangermanistes continualent à dénoncer comme des infractions au traité d'Algésiras chaque progrès des troupes françaises au Maroc. Dans de telles conditions le gouvernement français hésitait à entamer des négociations, ayant pour but d'associer l'Allemagne à des entreprises économiques françaises au Maroc. De son côté le gouvernement impé-

rial voyant d’un mauvais œil Phésitation du gouverne-

ment français,profitait de touies les circonstances pour froisser l'opinion publique en France.

Cette politique de coups d’épingle et de polémiques

de presse continua à maintenir le malaise général jus-

qu'au printemps de 1911, lorsque les tribus voisines de la capitale chérifienne, excitées par les intrigues allemandes menacèrent la sécurité des habitants européens à Fez ; alors la colonne du colonel Brulard reçut l’ordre de marcher sur Fez ; aussitôt arrivée, le général Gouraud, qui commandait les troupes de la capitale, attaqua avec vigueur l’armée ennemie qu'il dérouta complète-

ment. Bien que les conversations diplomatiques enga-

Page 1