LA TURQUIE EST SORTIE VICTORIEUSE
à l'instigation de l’Allemagne, pour avoir les mains libres au cas d’une offensive de la part des Etats balkaniques. La ligue balkanique était paironnée secrètement par la diplomatie russe, mais l'Allemagne estimait que l’armée turque, ayant été réorganisée par les généraux allemands sur la base de la discipline prussienne,serait assez forte pour remporter sur les armées coalisées de la ligue balkanique une victoire éclatante, d'autant plus que les ofliciers allemands en retraite, collaborateurs des journaux de Berlin, établissaient avec des renseignements précis et des données statistiques à l'appui, la supériorité écrasante de l’armée ottomane. C’est ainsi que l'Allemagne se rallia provisoirement à la proposition du cabinet de Paris de ne point tolérer de changement au statut territorial des Balkans. Quelle ne fut pas la surprise de Berlin en recevant la nouvelle de la déroute complète que les Serbes avaient fait subir aux Turcs dans la bataille de Kirk Kilissé ! On était stupéfait de constater qu'une position fortifiée défendue par d’excellents soldats avaitété emportée en quelques heures par une armée de paysans,mais on fut obligé de se rendre à l'évidence, lorsqu'on apprit la nouvelle de l’écrasement de la puissance ottomane après la victoire éclatante des Serbes à Koumanovo et l'entrée des Grecs à Salonique.
L'armée prussienne était d'autant plus mortifiée dans son orgueil que, d’après l'opinion prédominante dans les cercles militaires, la victoire des armées de la ligue