L'AUTRICHE CONSIDÈRE NÉCESSAIRE
balkanique aurait été due à la supériorité du matériel
de guerre français dont elle était pourvue et à la tac-
tique française enseignée par les généraux français sur
les canons Krupp de l’armée turque et sur la tactique
allemande enseignée avec tant de soin par le Maréchal von der Goltz aux officiers ottomans. Aussi, les désastres des turcs produisirent un effet moral extraordinaire en Allemagne et il en résulta qu’à Berlin on commença à éprouver une indifférence dédaigneuse pour la Turquie à cause de sa faiblesse et à se tourner plutôt vers les forts avec l'intention de les désunir et de les affaiblir ensuite.
De son côté, l'Autriche qui, depuis que Bismarck lui avait tracé son rôle dans la Triple Alliance avec la devise : Mouvement expansif vers l'Orient (Der Drang nach Osten), caressait le projet d'obtenir un débouché sur l'archipel de la mer Egée par Salonique, éprouva une profonde déception lorsque ce beau pays tomba entre les mains de la Grèce. La diplomatie allemande eut beau prêcher le calme à son alliée, l'Autriche, désespérée de ce coup fatal qui réduisait à néant ses anciennes illusions, ne put se résigner à rester exclue de l'héritage du pauvre malade, la Turquie, tandis que l'Allemagne, qui avait engagé d'importants capitaux en Turquie d'Asie dans la construction de voies fer- : rées et dans l'irrigation des terrains de la vallée de Mésopotamie, considérait comme un bonheur pour la Turquie Pabandon de ses provinces européennes, deve-