‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 507 sur 853 · LA CROYANCE A LA NÉCESSITÉ DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

LA CROYANCE A LA NÉCESSITÉ DE LA GUERRE

«la faire régner dans le monde ». Puis il ajoute : « L'Allemagne est non seulement la nation élue « par la Providence ; mais elle est l’unique élue. »

Le Général Bernhardi ne fait que développer cette idée au point de vue militaire, indiquant la manière la plus sûre de la réaliser. Cependant la Prusse, après la bataille d'Iena et même après la chute de l’empire napoléonien, n’était pas indépendante et ne se sentait pas assez forte pour suivre et exécuter le conseil de Fichte, car elle était soumise à l’hégémonie de l'Autriche, dirigée par Metternich. C'était l'Autriche qui était à la tête de la Confédération germanique et représentait les aspirations de l'Allemagne, tandis que la Prusse se contentait de maintenir dans son royaume le régime absolutiste, étant incapable de réaliser un idéal supérieur, mais les paroles de Fichte restaient latentes au fond de son âme ambitieuse prêtes à ressusciter au moment opportun. En attendant, elle se servit du prestige de Hégel comme maître de la pensée allemande pour sanctionner les principes de l’Etat-Providence et du droit de la force ainsi que du droit de l'Etat sur l'individu. C’est lui qui avait donné la sanction légale à ces principes.

Après lui, ce fut Bismarck le hobereau gigantesque et génial qui, fidèle à son origine, ne voulut fonder l’unité nationale que par l'épée et le feu. C’est grâce à son intervention que le roi de Prusse devint Empereur d'Allemagne en chassañt l'Autriche de la Confédéra-

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