L'EMPEREUR PROCLAME AVOIR ÉTÉ
buant leurs exploits militaires aux inspirations d’une
volonté divine et en divinisant la force brutale de
même que les hommes qui lui servaient d’instrument. On est allé jusqu’à dire que la Belgique par sa résistance aux desseins de l’Allemagne avait fait preuve de perfidie et d’impiété parce qu’elle n'avait pas su discerner la volonté divine. « Abandonner la Belgique se- « rait une faute impardonnable. L’occupation de la Bel- « gique est le symbole de ses victoires (1). « Le Kaiser lui-même a pris l’habitude d’invoquer à chaque moment son Dieu qui lui a confié la mission de sauver l’humanité. [1 déclare que le peuple allemand sera le bloc de granit sur lequel Notre Seigneur Dieu pourra élever et achever la civilisation du monde. Il réalisera la parole du poète : « Le monde un jour devra son salut à l’empire allemand. » Le kaiser dit également : « Le bon Dieu « ne se serait pas donné tant de peine pour faire la « grandeur de la Patrie allemande s’il ne lui réservait « pas une grande destinée. Nous sommes le sel de la « terre, Dieu nous a appelés à civiliser le monde. » Cet exemple de l’infatuation allemande du Kaiser fut suivie par des milliers de pasteurs qui l’ont enseignée comme parole d'Evangile à des milliers de leurs ouailles ; car le Kaiser comme chef des églises protestantes de la Prusse avait pris son rôle au sérieux, préchant souvent au temple ; un jour il eut même la franchise de