RAPPEL DE L'AMBASSADEUR D'AUTRICHE
dans l’opinion publique, d’antant plus que le D° Dumba ne pouvant nier le fait dont il était accusé, eut l’impudence de prétendre qu’il avait le droit de pousser à la
grève les ouvriers austro-hongrois travaillant l'acier
dans les usines des Etats-Unis, parce que le travail profitant aux Alliés, il constituait de la part de ces ouvriers un crime contre leur patrie. Cette thèse, également défendue par les Germano-Américains est complètement fausse ; car les ouvriers étrangers établis dans
un pays quelconque sont obligés de se soumettre aux.
lois du pays où ils vivent et qui en échange leur assure la protection de leur personne et de leurs biens. Quoiqu'un Ambassadeur ou représentant d’une puissance étrangère ait la charge de la protection officielle de ses nationaux, cette protection est limitée, iorsqu’elle entre en collision avec les intérêts politiques et économiques du pays où l'étranger réside, car cette ingérence serait une atteinte flagrante à la souveraineté du pays. Si l’ouvrier accepte spontanément de travailler dans la fabrique de munitions, l'ambassadeur n’a pas le droit de lui donner des ordres ou d’imposer sa volonté à un individu de sa nationalité dans un pays étranger sans l'autorisation du gouvernement de ce pays.
À la suite de cet incident, le président Wilson donna des instructions à l’ambassadeur des Etats-Unis à Vienne pour signifier au gouvernement autrichien que le rappel de son représentant à Washington s’imposait. En même temps il rendit responsable le gouvernement