LE PUBLIC AMÉRICAIN SE DÉCIARE
ment préalable. Cette persistance du gouvernement allemand à vouloir peser sur la volonté raisonnée et le sentiment du devoir du président Wilson prouve bien que la mentalité allemande habituée à commettre tous les jours des attentats criminels contre les droits de l'humanité sans éprouver le moindre remords, était incapable de comprendre que l'Amérique, si elle cédait devant les insinuations allemandes, sortirait forcément de la neutralité suivant le traité international de la Haye, étant donné le consentement de l’Angleterre d’indemniser les neutres pour les dommages que leur causait le blocus. D'ailleurs, le public américain était depuis longtemps fixé sur le manque de sens moral de l’Aîlemagne et se refusait à mettre sur un pied d'égalité absolue les deux groupes des belligérants, dont les uns défendaient les droits de l’humanité et les autres le droit de la force brutale, méconnaïissant absolument les droits des nations et ceux de l’humanité. Bien plus, le public américain fut amené à se prononcer d’une façon nettement hostile contre les procédés anti-humains et cruels des austro-allemands dans leur méthode de faire la guerre, mais ce qui l’exaspérait le plus contre les Germains c’est leur système d’espionnage et leurs complots contre les intérêts nationaux de l'Amérique, car même après l’apaisement des querelles diplomatiques on a trouvé des preuves évidentes dansles documents saisis au capitaine Von Papen qui, étant attaché militaire à Washington avait reçu des sommes impor-