‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 627 sur 853 · L'ALLEMAGNE CONTRE LA NORVÈGE · texte numérisé non relu

L'ALLEMAGNE CONTRE LA NORVÈGE

“président de la République du Brésil, le maréchal de Fonseca et le ministre des Affaires étrangères, Ruy Barbosa se firent les interprètes les plus enthousiastes de la cause des alliés, de l’Entente.La chancellerie, craignant alors qu’elle ne pourrait poursuivre la guerre sous-marine dans l’Atlantique sans s’exposer à un conflit avec les Etats-Unis, commença à chercher querelle à la Norvège parce que celle-ci avait défendu aux sous-marins l’accès des eaux norvégiennes dont les fiords constituaient pour eux un précieux abri leur permettant de guetter les transports à destination des ports de la Mer Blanche. C’est ce qui explique la brutale provocation de l'Allemagne qui torpillait les bateaux marchands norvégiens et les surveillait jusqu’à l’entrée du fiord de Christiania, car seule la guerre avec la Norvège pourrait assurer aux pirates du Kaiser une

base navale sur les côtes découpées du petit royaume.

De plus elle transformerait en zone de guerre les seuls passages maritimes qui mettaient les bateaux suédois en communication avec la mer du Nord.

Le Danemark de son côté se rendit compte de tous les périls que comportait sa situation géographique, Le danger commun fit resserrer les liens de solidarité qui unissaient les trois royaumes du nord. De plus, leur sentiment de dignité se révoltait devant le mépris avec

lequel l'Allemagne regardait tous les Etats faibles, ne

ménageant leur neutralité qu’autant qu’elle ne gênait pas les projets envahissants du Gouvernement de Ber-

LES ALLIÉS OFFRENT LEUR CONCOURS À LA NORVÈGE 7{l

lin. Heureusement, les Alliés avaient décidé, pour prévenir le danger qui menaçait les côtes norvégiennes, d'apporter à la Norvège tout leur concours dans cette crise. Aussi l’entente entre les Etats scandinaves et le secours offert par les alliés fit reculer l'Allemagne dans ses prétentions contre la Norvège. En échange, l’influence des pangermanistes s’accentua davantage sur les conseils du gouvernement allemand, et la guerre sous-marine battit de nouveau son plein, un bâtiment anglais La Marina, ayant une trentaine d'Américains à bord, ayant été coulé sans avertissement par un sousmarin allemand. Les Allemands avaient profité inten. tionnellement de la semaine où devait avoir lieu l’élection présidentielle pour impressionner l’opinion publique par un nouveau torpillage et de nouveaux massacres dans l’Atlantlique ; mais Wilson déclara que même sil n’était pas élu il agirait avec toutes ses forces pendant les mois qu’il resterait à la tête du gouvernement de la République pour adopter une politique très rigoureuse et s’il était réellu il mettrait fin définitivement à une pareille situation. Heureusement, Wilson fut réélu et toute la presse de New-York, même la 7Jribune qui était le plus ferme soutien de Hugues, déclara que Wilson était l’homme le plus populaire de la nation, plus fort que son parti même, l’homme avec lequel il fallait compter, à cause de son empire sur l'imagination popu- laire et de l’adhésion du pays à tous ses actes. Wilson avait pris la précaution de repousser au cours de

Page 1